Bien plus vaste que le seul cas du Groenland, l’inventaire précis des dix nations qui contrôlent les points stratégiques maritimes et insulaires du globe

C’est une déclaration qui a remis la question de la souveraineté territoriale au centre des discussions diplomatiques mondiales. Lors du Forum économique mondial de Davos, le président américain Donald Trump a affirmé la nécessité pour les États-Unis d’avoir la « propriété » du Groenland pour se défendre face à des rivaux stratégiques comme la Chine et la Russie. Si le locataire de la Maison Blanche a précisé qu’il n’utiliserait « pas la force » pour acquérir cette île autonome rattachée au Royaume du Danemark, sa sortie met en lumière l’importance cruciale des territoires d’outre-mer dans la géopolitique actuelle.

Au-delà de cette convoitise américaine, une cartographie réalisée par Al Jazeera permet d’identifier précisément les dix nations qui conservent aujourd’hui le plus grand nombre de ces territoires, vestiges d’empires passés ou avant-postes stratégiques modernes.

Le Royaume-Uni figure en tête de ce classement avec 14 territoires d’outre-mer disséminés entre l’Atlantique, les Caraïbes, le Pacifique et les régions polaires. Parmi les zones habitées, on retrouve des îles comme les Bermudes, Gibraltar ou les îles Caïmans, qui s’autogouvernent tout en laissant la défense et les affaires étrangères à Londres. La gestion britannique inclut également des zones à vocation purement militaire ou scientifique, comme le Territoire britannique de l’océan Indien. C’est d’ailleurs sur ce dossier que Donald Trump a vivement critiqué la récente rétrocession de l’archipel des Chagos à l’île Maurice, qualifiant l’acte de « grande stupidité » en raison de la présence de la base stratégique de Diego Garcia.

La France suit de très près avec 13 territoires répartis sur tous les océans. Contrairement au modèle britannique ou américain, la République française intègre totalement certaines de ces zones, comme la Guadeloupe, la Martinique, Mayotte, la Réunion et la Guyane, cette dernière abritant le port spatial européen. D’autres, comme la Polynésie française ou la Nouvelle-Calédonie, disposent d’une autonomie plus large. Paris revendique également les Terres australes et antarctiques françaises, bien que cette souveraineté soit contestée par des pays comme Madagascar et les Comores.

Les États-Unis, bien qu’à l’origine de la polémique sur le Groenland, possèdent déjà 14 territoires, dont cinq sont habités de façon permanente : Porto Rico, Guam, les îles Vierges américaines, les Samoa américaines et les îles Mariannes du Nord. Les neuf autres, majoritairement inhabités, servent principalement d’installations militaires ou stratégiques dans le Pacifique et les Caraïbes.

L’Australie contrôle pour sa part sept territoires extérieurs, dont trois habités (l’île Christmas, l’île Norfolk et les îles Cocos). Les Pays-Bas maintiennent une présence forte dans les Caraïbes avec six territoires, divisés entre pays constitutifs (Aruba, Curaçao, Saint-Martin) et communes spéciales. La Norvège se concentre sur les pôles avec cinq possessions, incluant l’archipel du Svalbard dans l’Arctique et l’île Bouvet en Antarctique.

La Nouvelle-Zélande administre ou est associée à quatre entités dans le Pacifique, dont les îles Cook et Niue. Le Danemark, cible des ambitions de Donald Trump, possède deux territoires autonomes majeurs : les îles Féroé et le fameux Groenland. La Chine, quant à elle, ne dispose pas de territoires d’outre-mer au sens traditionnel, mais gère deux Régions administratives spéciales, Hong Kong et Macao, récupérées respectivement du Royaume-Uni et du Portugal à la fin du XXe siècle. Enfin, le Portugal ferme cette liste avec ses deux régions autonomes atlantiques : Madère et les Açores, ces dernières devant accueillir un port spatial dès 2025.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire