Les autorités belges ont dévoilé, ce mardi, le bilan annuel concernant l’octroi du statut de réfugié pour l’année écoulée. Les données marquent une rupture statistique notable, avec un taux d’acceptation qui atteint son niveau le plus bas depuis plus d’une décennie, conséquence directe d’une reconfiguration diplomatique et sécuritaire majeure au Moyen-Orient.
Pour la première fois depuis 2013, le taux de protection accordé aux demandeurs d’asile en Belgique est passé sous la barre symbolique des 30 %. Selon les chiffres officiels relayés par l’agence Belga et Anadolu, ce taux s’est établi précisément à 28,4 % en 2025. Une chute brutale par rapport à l’année précédente, où 47,2 % des décisions du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) aboutissaient à une issue positive.
**L’impact direct de la situation en Syrie**
Cette baisse significative trouve son origine principale dans le traitement des dossiers syriens. La chute du régime de Bachar al-Assad a entraîné une suspension temporaire de l’examen des demandes provenant de ressortissants syriens durant une grande partie de l’année 2025. Ce groupe constituait historiquement le principal contingent de demandeurs en Belgique, avec environ 44 000 protections accordées depuis le début du conflit civil.
Parallèlement à ce gel administratif, le CGRA a orienté ses priorités vers les dossiers relevant du « statut M ». Cette catégorie concerne les demandeurs disposant déjà d’une protection dans un autre État membre de l’Union européenne. L’application stricte des nouvelles règles pour ces cas spécifiques a mécaniquement réduit les chances d’obtenir une nouvelle protection sur le sol belge.
**Une majorité de rejets et une baisse des demandes**
L’analyse détaillée des décisions rendues en 2025 montre que 67 % des demandes ont fait l’objet d’un rejet. Le statut de réfugié, réservé aux personnes craignant des persécutions ciblées, a été octroyé dans 27 % des cas. La protection subsidiaire, destinée aux civils menacés par des conflits armés ou la torture, n’a concerné que 2 % des dossiers.
Au-delà du taux d’acceptation, le volume global des sollicitations a également reculé. Le nombre total de demandes d’asile est passé de 39 615 en 2024 à 34 439 en 2025. Ce ralentissement s’est accentué lors des quatre derniers mois de l’année, dépassant la moyenne observée ailleurs en Europe. Les statistiques par nationalité confirment cette tendance : les demandes introduites par des Syriens ont chuté de 74 %, celles des Palestiniens de 40 %, tandis que les dossiers somaliens et irakiens ont reculé respectivement de 30 % et 21 %.