Dans la bande de Gaza, l’espoir d’une survie pour des milliers de malades s’est brusquement éteint. Alors que de nombreuses familles préparaient leurs bagages pour des évacuations médicales d’urgence vers l’étranger, une répercussion directe des tensions régionales est venue figer leur destin, les laissant sans accès aux traitements vitaux.
Selon Al Jazeera, les autorités israéliennes ont fermé le point de passage de Rafah, principal accès de l’enclave vers l’Égypte, « jusqu’à nouvel ordre ». Cette décision, justifiée par des raisons de sécurité, a coïncidé avec le lancement d’une attaque militaire conjointe avec les États-Unis contre des cibles iraniennes. Cette escalade militaire régionale a entraîné l’arrêt immédiat des transferts de blessés et de malades vers l’extérieur.
Le média qatari documente les conséquences directes de ce blocage à travers plusieurs cas critiques. Lama Abu Reida, dont la fille de cinq mois, Alma, ne survit que sous assistance respiratoire, a vu son départ pour la Jordanie annulé la veille de l’intervention chirurgicale prévue. La situation s’est révélée fatale pour d’autres familles. Hadeel Zorob a perdu ses deux enfants, Lana (8 ans) et Sohaib (6 ans), atteints d’une maladie génétique rare, respectivement le 18 février et le 1er mars, alors qu’ils attendaient une autorisation de sortie.
Les données communiquées par le ministère de la Santé à Gaza font état de plus de 20 000 patients et blessés inscrits sur les listes d’attente pour une évacuation médicale. Ce chiffre inclut environ 4 000 patients atteints de cancer et 4 500 enfants. Les malades chroniques, à l’image d’Amal al-Talouli, 43 ans, souffrant d’un cancer du sein métastasé, font face à une double peine : l’impossibilité de voyager et l’arrêt de l’entrée des médicaments essentiels dans l’enclave, aggravé par des conditions de malnutrition sévère.
Face à cette urgence sanitaire, l’Association Al-Dameer pour les droits de l’homme a qualifié la fermeture du point de passage de punition collective, soulignant qu’elle condamne de nombreux patients à mort. De leur côté, les autorités israéliennes ont annoncé dimanche que le passage de Rafah rouvrirait ce mercredi pour un mouvement limité de personnes dans les deux sens.