Avion de combat franco-allemand : la condition posée par Paris pour éviter l’effondrement du projet

Le programme du Système de combat aérien du futur (SCAF), pilier de la coopération militaire européenne, fait face à des incertitudes majeures. Face aux interrogations grandissantes autour de la participation de Berlin, la diplomatie française est intervenue ce dimanche pour tenter de maintenir à flot cette initiative lancée il y a huit ans.

Intervenant dans l’émission « Questions politiques » (franceinfo, France Inter et Le Monde), le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a défini la voie à suivre pour débloquer la situation. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le chef de la diplomatie a directement interpellé les acteurs industriels du dossier, les exhortant à trouver un terrain d’entente. « Il faut que les industriels fassent un pas chacun dans la direction l’un de l’autre », a-t-il affirmé, érigeant ce compromis mutuel en nécessité pour la poursuite du programme.

Qualifiant le SCAF de « projet essentiel pour la sécurité de la France, de l’Allemagne et de l’Europe », Jean-Noël Barrot a assuré que Paris se battra « jusqu’à la dernière seconde » pour son aboutissement, soulignant que cette démarche dépasse le simple équipement militaire pour revêtir une dimension éminemment politique.

Cette déclaration intervient en réponse directe aux récents doutes formulés par le chancelier allemand. Lors d’un entretien diffusé le 18 février dernier, Friedrich Merz a publiquement estimé que l’Allemagne n’avait pas nécessairement besoin du même appareil que la France, ouvrant la porte à un possible retrait de Berlin. Alors que le gouvernement allemand s’était initialement engagé à statuer sur la poursuite de sa participation avant la fin de l’année 2025, cette échéance a subi plusieurs reports.

Au cœur de ce blocage se trouvent de profondes divergences industrielles. Le groupe français Dassault Aviation, désigné comme maître d’œuvre du projet, réclame une autonomie élargie dans la conception de l’appareil. Cette exigence se heurte à l’opposition d’Airbus, qui représente les intérêts de l’Allemagne et de l’Espagne, le troisième partenaire ayant rejoint l’initiative en 2019. Les tensions ont atteint un stade où des responsables industriels allemands ont récemment évoqué l’hypothèse d’un développement alternatif avec d’autres pays partenaires.

Initié en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, le SCAF ambitionne de concevoir un avion de combat de nouvelle génération, soutenu par un réseau de drones interconnectés et un système de communication numérique avancé, qualifié de « cloud de combat ».

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