Les regards diplomatiques se tournent vers Mascate, où une rencontre cruciale doit se tenir ce vendredi entre officiels américains et iraniens. Alors que des médiateurs régionaux tentent de baliser le terrain, le chancelier allemand Friedrich Merz, en déplacement dans le Golfe, a tenu à exprimer ses vives inquiétudes. Au-delà des préparatifs logistiques, c’est la définition même du périmètre des discussions qui cristallise les tensions et fait redouter un embrasement.
Présent à Doha jeudi, Friedrich Merz a souligné que la crainte d’un nouveau conflit dominait ses échanges dans la région. Lors d’une conférence de presse, le dirigeant allemand a rapporté une « grande préoccupation » quant à une possible escalade militaire avec l’Iran. Il a exhorté Téhéran à cesser ce qu’il qualifie d’agression et à s’engager dans le dialogue pour stabiliser la région.
Cette mise en garde intervient alors que les positions des deux parties semblent difficilement conciliables avant même le début de la rencontre. Selon nos informations, relayées par Al Jazeera, des médiateurs du Qatar, de la Turquie et de l’Égypte ont soumis un cadre de principes clés, incluant un engagement de l’Iran à limiter significativement son enrichissement d’uranium.
Cependant, un fossé persiste sur l’ordre du jour. Téhéran insiste pour que les pourparlers se limitent strictement au contentieux nucléaire historique avec les puissances occidentales. Les autorités iraniennes ont averti que l’élargissement des discussions à d’autres sujets pourrait compromettre l’ensemble du processus.
À l’opposé, l’administration américaine entend imposer un format beaucoup plus large. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré mercredi que les discussions devaient impérativement inclure le programme de missiles balistiques de l’Iran, son soutien aux groupes armés au Moyen-Orient ainsi que la situation des droits de l’homme dans le pays.
Pour appuyer cette exigence, Washington a dépêché des figures clés à Doha. Jared Kushner, gendre du président Donald Trump, et Steve Witkoff, envoyé spécial, sont arrivés dans la capitale qatarie. Le Qatar joue un rôle central pour tenter de convaincre l’Iran d’accepter ce format élargi, considéré par les États-Unis comme une condition sine qua non.
Ce bras de fer diplomatique se joue dans un contexte sécuritaire volatile. Le président Donald Trump a ordonné le déploiement de forces en mer d’Arabie, incluant un porte-avions, des navires de guerre et des avions de combat, suite à la répression de manifestants en Iran le mois dernier. Le chef de l’État américain a prévenu que des conséquences graves pourraient survenir en l’absence d’accord, accentuant la pression sur la République islamique.
Les tentatives précédentes de renouer le dialogue, notamment en juin dernier, avaient échoué sur fond d’attaques israéliennes contre des installations et des responsables militaires iraniens.