Australie : L’auteur d’une menace en ligne contre Isaac Herzog se voit opposer une rigueur judiciaire maximale

Dans un climat de haute tension marqué par des appels à manifester, la visite imminente du président israélien Isaac Herzog en Australie prend une tournure judiciaire immédiate. Les autorités fédérales ont procédé à l’interpellation d’un jeune homme, illustrant la nervosité des services de sécurité face à l’hostilité croissante entourant ce déplacement diplomatique.

La Police Fédérale Australienne n’a pas tardé à réagir. Un adolescent de 19 ans a été inculpé ce jeudi pour avoir proféré des menaces via une plateforme de médias sociaux à l’encontre d’un « chef d’État étranger et personne internationalement protégée ». Si le communiqué officiel ne nomme pas explicitement la cible, les médias australiens, dont nos confrères d’Al Jazeera, confirment qu’il s’agit bien du président israélien Isaac Herzog.

La justice a opté pour une approche stricte : la liberté sous caution a été refusée au jeune prévenu, qui doit comparaître devant un tribunal de Sydney. L’enjeu est considérable pour l’accusé, l’infraction reprochée étant passible d’une peine maximale de dix ans d’emprisonnement.

**Un déplacement sous haute surveillance**

Cette arrestation intervient alors qu’Isaac Herzog est attendu ce dimanche pour une visite de cinq jours. Invité par le Premier ministre Anthony Albanese, le président israélien doit notamment rencontrer les survivants et les familles des victimes d’une fusillade survenue en décembre à Bondi Beach. Cependant, ce déplacement cristallise les tensions liées à la guerre à Gaza.

Le sénateur des Verts pour la Nouvelle-Galles du Sud, David Shoebridge, a publiquement exhorté le gouvernement à annuler cette invitation, soulignant les risques de troubles à l’ordre public. « La police affirme craindre que sa visite ne suscite une ‘animosité significative’ », a-t-il déclaré, rappelant l’opposition de nombreux groupes pro-palestiniens qui accusent le dirigeant israélien de complicité dans les opérations militaires à Gaza.

**Mobilisation judiciaire et civile**

Au-delà de la menace individuelle traitée par la police, le président israélien fait face à une contestation juridique organisée. Le Centre australien pour la justice internationale, associé aux organisations Al-Haq et Al Mezan, a formellement saisi la police fédérale le mois dernier. Ces groupes demandent l’ouverture d’une enquête sur le rôle présumé d’Isaac Herzog dans des crimes de guerre, évoquant des allégations d’incitation au génocide.

Sur le terrain, la police de Nouvelle-Galles du Sud a annoncé un renforcement des restrictions concernant les manifestations, alors que le groupe Palestine Action Group appelle à un rassemblement massif et pacifique devant le parlement de l’État lundi prochain.

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