La trajectoire administrative du Sénégal est marquée par une quête continue d’équilibre entre le pouvoir central et les territoires. Depuis plus de cinquante ans, les réformes se succèdent pour tenter de donner une autonomie réelle aux localités. Alors que les limites des précédentes législations ont été identifiées, une nouvelle étape se prépare avec une orientation méthodologique distincte des bouleversements passés.
L’histoire de la décentralisation sénégalaise s’écrit par strates successives, chacune tentant de combler les lacunes de la précédente. Le processus a débuté en 1972 avec ce qui est communément appelé l’Acte I. Selon les éléments contextuels rappelés par Sud Quotidien, cette phase a permis la création des communautés rurales, offrant une première reconnaissance institutionnelle. Toutefois, cette avancée est restée bridée par une tutelle étatique forte et une autonomie financière quasi inexistante.
Il a fallu attendre 1996 et l’Acte II pour observer une évolution majeure, notamment l’érection de la région en collectivité territoriale. Si le principe de libre administration a été renforcé, cette période a mis en lumière un problème structurel persistant : le décalage entre les compétences transférées aux élus locaux et les ressources réellement mises à leur disposition.
Le défi de la viabilité économique
La dernière grande réforme en date, l’Acte III de 2013, visait une rationalisation par la communalisation intégrale et la suppression des régions. Bien que la proximité administrative ait été améliorée, ce modèle a rapidement révélé ses faiblesses, notamment sur la question de la viabilité économique des communes et leur capacité à financer le développement local.
Face à ces constats, l’Acte IV, actuellement en gestation, adopte une philosophie différente. Il ne s’agit plus d’opérer une rupture brutale, mais d’entrer dans une phase de correction. L’objectif principal est de tirer les leçons des échecs passés pour enfin doter les collectivités de moyens substantiels, transformant ainsi le territoire en un espace de développement durable plutôt qu’en simple découpage administratif.