C’est en marge de la session d’hiver de l’Assemblée parlementaire que l’institution basée à Strasbourg accueille cette semaine une vitrine inédite du patrimoine anatolien. Au-delà de la simple exposition artistique, l’événement vise à démontrer comment des techniques séculaires peuvent répondre aux exigences contemporaines de durabilité environnementale.
Intitulée « Türkiye Weaving Atlas – Memory of Fabric » (Atlas du tissage de Türkiye – Mémoire du tissu), cette exposition se tient au Conseil de l’Europe du 26 au 30 janvier. Placée sous le haut patronage de la Première dame turque, Emine Erdogan, elle rassemble pour la première fois dans un espace unique l’héritage diversifié du tissage issu des sept régions de la Turquie.
Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, l’initiative met en lumière une dimension technique précise : le caractère écologique de ces savoir-faire ancestraux. Les textiles présentés sont exclusivement conçus à partir de fibres naturelles et de matériaux locaux. Les organisateurs insistent sur le fait que le tissage traditionnel constitue, par essence, une pratique « zéro déchet », réalisée sans les procédés industriels polluants souvent associés au secteur textile moderne.
Cette démarche s’inscrit dans un cadre institutionnel plus large. Zeynep Yildiz, membre de la délégation turque et de la Commission de la culture de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), a supervisé la préparation de rapports sur le patrimoine culturel et la durabilité. L’exposition sert ainsi d’illustration concrète aux travaux de l’assemblée sur la préservation des modes de vie ruraux comme vecteurs de développement durable.
Parmi les projets mis en avant figure la relance du « sof » d’Ankara, un tissu historique dont la production a été réactivée via des ateliers locaux dans les zones rurales. L’objectif affiché est de valoriser le tissage non seulement comme un élément de mémoire et d’identité, mais aussi comme un modèle économique viable et respectueux de l’environnement, en phase avec les priorités actuelles du Conseil de l’Europe.