Au service de la mission du Mahdi, les contributions particulières qui distinguent les règnes des six Khalifes de la communauté Layène

La préservation du legs de Seydina Limamou Lahi repose sur une chaîne de transmission spirituelle ininterrompue depuis plus d’un siècle. Alors que la communauté Layène poursuit son évolution, Sud Quotidien retrace le parcours des différents guides qui ont assuré la direction de la confrérie, marquant chacun leur époque par une approche et des réalisations distinctes.

L’histoire du Khalifat débute véritablement avec Seydina Issa Rohou Lahi, premier successeur de 1909 à 1949. Né à Yoff en 1876, ce fils de Seydina Limamou et de Fatimata Mbengue a vécu une enfance studieuse sous l’autorité vigilante de son père. Son accession à la tête de la communauté est perçue par les fidèles comme la confirmation des prédictions du « Mahdi » et une preuve de la véracité de sa mission divine. Durant quarante ans, il a consolidé les bases de la confrérie.

À sa disparition, la relève est assurée par son frère, Seydina Mandione Lahi, qui dirige la communauté de 1949 à 1971. Décrit comme un homme peu loquace, il s’est inscrit dans la continuité de son prédécesseur, dont il fut le lieutenant et le conseiller. Sous son magistère, la communauté atteint une maturité spirituelle et une stabilité sociale, développant des activités économiques prospères dans l’agriculture et la pêche, tout en maintenant des relations apaisées avec l’administration coloniale puis sénégalaise.

L’année 1971 marque un tournant avec l’avènement de la génération des petits-fils. Seydina Issa Lahi, dit « Baye Seydi Thiaw », fils de Seydina Mandione, prend les rênes jusqu’en 1987. Son khalifat se caractérise par une modernisation de la communication, utilisant la radio et la télévision pour diffuser l’enseignement du Mahdi. C’est sous son ère qu’est organisé, le 5 juin 1981, le centenaire de l’Appel de Seydina Limamou, événement majeur ayant drainé des foules considérables à Yoff. À son décès, il laisse l’image d’un gestionnaire intègre, n’ayant contracté aucune dette publique ou privée.

Lui succède alors Mame Alassane Lahi, de 1987 à 2001. Surnommé « Serigne Rane », cet ancien maître-maçon est connu pour sa discrétion et son refus des honneurs. Il a marqué la confrérie par ses ouvrages physiques, participant personnellement à la reconstruction du mausolée de Seydina Limamou et à l’édification de la mosquée de Yoff, subvenant à ses besoins par son propre travail manuel.

Le cinquième Khalife, Cherif Abdoullahi Thiaw Lahi (2001-2021), fils de Seydina Issa I, portait une symbolique particulière, sa venue ayant été annoncée par Seydina Limamou lui-même dans ses prêches. De lignée noble tant du côté paternel que maternel, il a dirigé la communauté pendant deux décennies.

La continuité a ensuite été assurée par Serigne Mamadou Makhtar Laye. Devenu sixième Khalife à l’âge de 69 ans, ce fils de Seydina Mandione a cultivé l’effacement total, n’apparaissant plus en public jusqu’à son rappel à Dieu le 9 avril 2025. Aujourd’hui, la lourde responsabilité de guider la communauté incombe à Seydina Mouhamadou Lamine Laye, fils de Seydina Issa Lahi II et ancien porte-parole, qui occupe désormais la fonction de Khalife général.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire