Au Royaume-Uni, la découverte d’informations gouvernementales transmises à Jeffrey Epstein déclenche l’examen d’un dossier visant un ancien ministre

L’affaire Epstein continue de produire des ondes de choc bien au-delà des frontières américaines, atteignant désormais les plus hautes sphères politiques de Londres. Suite à la déclassification de documents judiciaires aux États-Unis, les autorités policières britanniques se penchent sur des interactions présumées entre le défunt financier et un ancien membre influent du gouvernement. Ce qui n’était qu’une correspondance privée soulève désormais des questions d’ordre pénal concernant la gestion de secrets d’État.

La Police Métropolitaine de Londres (le « Met ») a confirmé lundi l’examen de plusieurs signalements pour inconduite dans l’exercice d’une fonction publique. Cette démarche fait suite à la publication, par le ministère américain de la Justice, de courriels indiquant que Peter Mandelson, alors ministre britannique, aurait partagé des informations confidentielles avec Jeffrey Epstein.

Selon les éléments révélés par Al Jazeera et basés sur des dossiers d’investigation américains, les échanges datant de 2009 et 2010 montrent que Peter Mandelson, qui occupait le poste de ministre du Commerce sous Gordon Brown, aurait communiqué des détails sensibles au financier. Ces informations concernaient notamment des projets de modifications fiscales, des ventes d’actifs envisagées par Londres, ainsi que des plans relatifs au sauvetage de la monnaie unique européenne, estimé à 500 milliards d’euros.

Le commandant de la Police Métropolitaine, Ella Marriott, a précisé que les rapports reçus seront analysés pour déterminer s’ils atteignent le « seuil criminel » nécessaire à l’ouverture d’une enquête formelle. Bien que le communiqué de la police ne nomme pas explicitement l’ancien ministre, cette annonce intervient après que le chef du Parti national écossais a officiellement sollicité une investigation sur les agissements de l’ancien ambassadeur à Washington.

Les répercussions politiques sont immédiates. Le Premier ministre actuel, Keir Starmer, a annoncé une enquête sur les liens entre Mandelson et Epstein. Starmer, qui avait déjà écarté Mandelson de ses fonctions diplomatiques l’année précédente suite à l’émergence de ces correspondances, estime également que l’ancien ministre devrait perdre sa nomination à vie à la Chambre des Lords.

Face à la pression, Peter Mandelson a démissionné dimanche du Parti travailliste (Labour), formation dont il fut l’un des architectes électoraux dans les années 1990. Il a justifié sa décision par la volonté de ne pas causer davantage d’embarras à ses collègues.

Les ramifications de ces révélations touchent également le secteur caritatif. L’organisation fondée par Sarah Ferguson, ex-épouse du prince Andrew, a annoncé sa fermeture pour une durée indéterminée, conséquence directe de la publicité faite autour de ses relations amicales avec Jeffrey Epstein.

Parallèlement, le ministère américain de la Justice a dû retirer temporairement des milliers de fichiers liés à l’affaire d’Internet. Cette mesure a été prise après que des avocats représentant des victimes présumées ont signalé que des caviardages insuffisants exposaient l’identité de leurs clientes.

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