L’attaque survenue la semaine dernière contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey a marqué une escalade significative dans la menace sécuritaire pesant sur la capitale nigérienne. Alors que les autorités militaires avaient initialement orienté leurs accusations vers des pays voisins, la gestion opérationnelle de cet assaut vient d’être clarifiée par une déclaration officielle émanant de Moscou. Ce développement confirme une évolution majeure dans le dispositif de défense du pays.
Le ministère russe des Affaires étrangères a formellement reconnu, ce lundi, l’implication directe de ses troupes dans les combats. Selon les informations relayées par notre confrère Al Jazeera, la diplomatie russe affirme que l’attaque a été repoussée grâce aux « efforts conjoints du Corps africain du ministère russe de la Défense et des forces armées nigériennes ». Cette sortie médiatique marque une rupture avec la discrétion habituelle du Kremlin concernant ses opérations au Sahel.
Un bilan lourd et des profils identifiés
Les affrontements, qui se sont déroulés dans la nuit du 28 janvier, ont opposé les forces de défense à un commando de l’État islamique (EI), groupe qui a revendiqué l’opération via son organe de propagande Amaq. Le bilan fait état de vingt assaillants tués et de quatre soldats blessés du côté des forces régulières. Fait notable rapporté par les autorités militaires, un ressortissant français figurerait parmi les assaillants neutralisés.
Outre les pertes infligées à l’ennemi, onze combattants ont été capturés. Des vidéos diffusées en ligne montrent l’ampleur de l’attaque, avec des assaillants équipés de fusils d’assaut incendiant un avion avant de se replier à moto. L’expert Ulf Laessing, de la Fondation Konrad Adenauer, souligne la sophistication de l’assaut, suggérant l’utilisation potentielle de drones et d’éventuelles complicités internes.
Reconnaissance officielle et contexte diplomatique
Cette confirmation russe intervient dans un climat diplomatique tendu. Dans un premier temps, la junte nigérienne avait accusé le Bénin, la France et la Côte d’Ivoire de parrainer cette offensive, sans toutefois fournir de preuves matérielles. Ces allégations ont été fermement démenties par les diplomaties ivoirienne et béninoise, tandis que Paris n’a pas souhaité commenter.
La coopération avec Moscou s’affiche désormais au grand jour. Le chef du régime militaire nigérien, le général Abdourahamane Tchiani, s’est rendu sur la base russe de Niamey pour exprimer sa « gratitude personnelle » envers le professionnalisme des forces russes. Le Corps africain, structure succédant au groupe Wagner, consolide ainsi son ancrage au Niger, après des déploiements similaires au Burkina Faso et en Libye, redéfinissant les alliances sécuritaires dans la zone des trois frontières.