Au lieu du renouvellement du traité nucléaire avec la Russie, la stratégie de remplacement prônée par Donald Trump

Le cadre régissant la limitation des armes nucléaires stratégiques entre les deux plus grandes puissances mondiales est arrivé à une échéance critique. Alors que le traité New START, dernier rempart juridique limitant les arsenaux américain et russe, a atteint sa date d’expiration, la question de son avenir immédiat se posait avec acuité. Face à la main tendue par Moscou pour une prolongation temporaire, l’exécutif américain a choisi de définir une tout autre trajectoire pour la sécurité atomique.

Le président américain Donald Trump a explicitement rejeté l’idée d’une simple reconduction du pacte existant. S’exprimant jeudi sur sa plateforme Truth Social, le chef de l’État a plaidé pour une refonte totale de l’architecture de contrôle des armements. Selon les propos rapportés par l’agence Anadolu, Donald Trump estime que Washington doit désormais rechercher un accord « nouveau, amélioré et modernisé ».

Pour justifier cette position de rupture, le locataire de la Maison Blanche a livré une critique sévère du texte en vigueur jusqu’ici. Il qualifie le New START d’accord « mal négocié par les États-Unis » et affirme qu’il est, de surcroît, « gravement violé ». Sa directive est claire : les experts nucléaires américains doivent s’atteler à la conception d’un traité capable de durer dans le temps, plutôt que de maintenir artificiellement un cadre qu’il juge obsolète.

Cette déclaration intervient dans un vide juridique inquiétant. Avec l’expiration du traité, il n’existe plus d’accord contraignant limitant les forces nucléaires stratégiques des deux pays. La Russie a d’ailleurs confirmé mercredi que les parties n’étaient plus liées par les obligations du texte. Le ministère russe des Affaires étrangères a précisé n’avoir reçu aucune réponse officielle des États-Unis via les canaux bilatéraux concernant l’avenir du pacte.

La position américaine tranche avec la proposition formulée par Vladimir Poutine le 22 septembre dernier. Le président russe avait suggéré de maintenir les plafonds existants sur les armes stratégiques pour une durée minimale d’un an après l’expiration, afin de laisser le temps aux négociations. Le traité initial, signé à Prague le 8 avril 2010 et entré en vigueur en février 2011, avait succédé au traité START I de 1991.

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