Le Front pour la Défense de la République (FDR) a dressé, ce 3 février 2026 à Dakar, un tableau sombre des préparatifs pour les élections départementales et municipales. Au-delà des retards administratifs constatés sur le calendrier électoral, l’opposition soulève une problématique nouvelle concernant l’entité qui serait désormais chargée de la production des documents d’identité, redoutant une mainmise politique sur le fichier électoral.
Le constat posé par le FDR repose d’abord sur une échéance légale manquée. À la date du 1er février 2026, aucun décret n’a été publié pour fixer la date du scrutin, et les commissions administratives dédiées à la révision des listes n’ont pas été installées. Selon les textes en vigueur, la révision ordinaire doit s’opérer du 1er février au 31 juillet, sauf cas de force majeure ou élection programmée. Pour le front politique, l’absence d’information préalable constitue une violation des droits des citoyens, qualifiée de « forfaiture ».
Face à ce dépassement des délais pour une révision ordinaire, le FDR anticipe une orientation gouvernementale vers une révision exceptionnelle, probablement adossée aux élections prévues en 2027. Cette gestion du calendrier s’accompagne, selon les opposants, d’un « silence coupable » de la Commission électorale nationale autonome (CENA), l’organe pourtant chargé de la supervision du processus.
Cependant, l’inquiétude majeure soulevée par le FDR concerne la chaîne technique de l’identification nationale. D’après les informations relayées par Emedia, le front affirme avoir pris connaissance de décisions attribuant la confection des cartes nationales d’identité, des cartes d’électeur et des passeports à la Caisse des Dépôts et de Consignation (CDC) ou à l’une de ses filiales. Ce transfert de compétence vers une institution financière publique est jugé préoccupant par l’opposition dans ce contexte pré-électoral.
L’enjeu soulevé est celui de la neutralité. Le FDR exprime ouvertement sa crainte de voir le parti PASTEF exercer une influence directe sur l’état civil et le fichier électoral à travers ce nouveau mécanisme. Le risque évoqué est celui d’une atteinte à la sincérité du scrutin et, par extension, à la crédibilité de la démocratie sénégalaise, alors que de nombreuses pièces d’identité arrivent à expiration avant les prochaines consultations.
En réponse à ces constats, le FDR exige la publication immédiate des décrets fixant la date des élections et les modalités de la révision exceptionnelle. L’organisation réclame également l’accès sans délai au fichier électoral pour les partis politiques, ainsi que des garanties formelles sur la sécurisation et la disponibilité des cartes d’électeur, insistant sur la nécessité impérieuse d’une gestion indépendante du processus électoral.