Attaques de drones en Azerbaïdjan : Téhéran se dédouane auprès de Bakou et pointe du doigt un autre État

L’escalade militaire entre la République islamique d’Iran et l’Azerbaïdjan fait l’objet d’intenses tractations diplomatiques. À la suite de frappes de drones ayant visé la République autonome du Nakhitchevan, les chefs d’État des deux pays se sont entretenus au téléphone pour clarifier la situation et tenter d’apaiser les tensions.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le président iranien Massoud Pezeshkian a pris l’initiative de contacter son homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliyev. Cet appel visait initialement à remercier le dirigeant azerbaïdjanais pour sa visite à l’ambassade d’Iran à Bakou. Ce déplacement avait pour but de présenter des condoléances suite à la mort de nombreuses personnes, dont l’ayatollah Ali Khamenei, et de proposer une aide humanitaire.

Les échanges se sont ensuite concentrés sur l’incident sécuritaire du Nakhitchevan. Massoud Pezeshkian a formellement assuré que l’Iran n’était pas lié à cette attaque de drones, précisant qu’une enquête allait être ouverte. De son côté, Ilham Aliyev, tout en renouvelant ses condoléances pour les récentes pertes civiles iraniennes, a insisté sur l’impératif de faire toute la lumière sur ces frappes. Les deux présidents ont par ailleurs profité de cet échange pour aborder le maintien de leurs projets économiques communs.

La crise a éclaté le 5 mars dernier, lorsque le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a annoncé que des drones, lancés depuis le territoire iranien, avaient frappé la République autonome du Nakhitchevan. Les engins ont ciblé l’aéroport international, causant des dommages matériels au bâtiment, tandis qu’un autre s’est écrasé à proximité d’un établissement scolaire dans le village de Shekarabad. Le bilan de ces frappes fait état de quatre civils blessés.

Les conséquences diplomatiques ont été immédiates. L’ambassadeur d’Iran à Bakou, Mojtaba Dermichilu, a été convoqué par les autorités azerbaïdjanaises pour se voir remettre une note de protestation. Qualifiant ces frappes d’« acte terroriste », le président Aliyev a ordonné à son armée de préparer des mesures de représailles. En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a catégoriquement rejeté ces accusations, affirmant que l’opération a été orchestrée par Israël dans le but d’impliquer directement Téhéran.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire