Attaques contre l’extrême droite en Hongrie : La lourde sanction prononcée contre une ressortissante allemande

Le tribunal de Budapest a rendu son verdict ce mercredi dans une affaire aux fortes résonances diplomatiques et politiques. Au cœur du dossier, une militante étrangère accusée de violences en marge d’un rassemblement néo-nazi, dont le sort a fait l’objet de vives tensions entre Berlin et Budapest.

Maja T, ressortissante allemande de 25 ans, a été condamnée à une peine de huit ans de prison ferme. La justice hongroise l’a reconnue coupable de tentative de lésions corporelles graves mettant la vie en danger et d’appartenance à une organisation criminelle. Cette décision intervient après son extradition controversée depuis l’Allemagne en décembre dernier.

Des violences ciblées en marge du « Jour de l’Honneur »

Les faits reprochés remontent à février 2023, lors du rassemblement annuel connu sous le nom de « Jour de l’Honneur », l’une des plus importantes manifestations néo-nazies en Europe. Cet événement commémore la tentative des soldats nazis et hongrois de briser le siège de Budapest par l’Armée rouge en 1945.

Selon l’accusation, Maja T faisait partie d’un groupe multinational d’extrême gauche composé de 19 personnes. Ce groupe s’était rendu en Hongrie spécifiquement pour cibler des participants à ce rassemblement. L’attaque a fait neuf blessés, dont des citoyens allemands et polonais identifiés comme des extrémistes de droite, certains souffrant de fractures et de blessures à la tête.

Une affaire hautement politisée

Le procès s’est déroulé dans un climat particulièrement lourd. Avant l’énoncé du verdict, l’accusée a déclaré à la cour : « Nous savons tous quel verdict le Premier ministre de ce pays souhaite ». Une référence directe à Viktor Orban, qui avait précédemment qualifié les groupes antifascistes liés à ces attaques d’organisations « terroristes ».

Cette ligne dure a été confirmée par la réaction officielle du gouvernement. Selon les informations relayées par Al Jazeera, Zoltan Kovacs, porte-parole du Premier ministre, a salué la condamnation sur le réseau social X, qualifiant Maja T de « terroriste antifa ».

Un contexte judiciaire européen tendu

La défense et les soutiens de la militante dénoncent ce qu’ils appellent un « procès politique spectacle », une position relayée par le père de l’accusée, Wolfram Jarosch. Les conditions de détention en Hongrie avaient d’ailleurs suscité l’inquiétude de la Cour constitutionnelle allemande l’année dernière, qui avait jugé l’extradition illégale faute de garanties suffisantes contre des traitements inhumains ou dégradants.

Cette inquiétude est partagée par d’autres chancelleries européennes. Récemment, l’Italie et la France ont refusé de remettre deux suspects liés à la même affaire aux autorités hongroises, justifiant leur décision par les risques de mauvais traitements en milieu carcéral. Le verdict prononcé à Budapest reste susceptible d’appel.

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