À quelques heures du passage au nouvel an 2026, une vive polémique a éclaté au sein de la majorité parlementaire, marquée par une sortie virulente du député de Pastef, Mouramani Kaba Diakite, à l’encontre du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Lors d’une intervention sur la plateforme « Face Aux Activistes », le parlementaire a dressé un réquisitoire sévère contre la gestion de l’institution, dénonçant des pratiques de népotisme et une gabegie financière présumée.
L’élu du peuple a listé une série de griefs précis concernant le train de vie et les décisions administratives du président de l’Assemblée nationale. Selon les déclarations reprises par la source *Kawtef*, Mouramani Kaba Diakite a fustigé l’existence d’un cabinet pléthorique de 67 personnes, contre 47 sous la précédente législature, ainsi qu’une dotation mensuelle de 5000 litres de carburant. Il a également pointé du doigt le recrutement supposé d’agents fictifs, qualifiés de « took mouy dokh », qui percevraient des salaires sans jamais se présenter à l’hémicycle, ainsi que l’emploi d’un cuisinier personnel rémunéré à hauteur d’un million de francs CFA.
Outre la gestion du personnel, la question des véhicules de fonction a été soulevée avec insistance. Le député a déploré que les indemnités des parlementaires soient ponctionnées depuis plusieurs mois sans que les véhicules promis ne soient livrés. Il a souligné l’opacité entourant ce marché, affirmant qu’aucun député n’a voté pour cette acquisition et que les détails sur les fournisseurs et les coûts restent inconnus. Face à cette situation, il a annoncé son intention de proposer un audit de la gestion d’El Malick Ndiaye, s’inscrivant dans la dynamique de reddition des comptes prônée par le Premier ministre Ousmane Sonko.
Sur le plan politique, Mouramani Kaba Diakite a prêté des ambitions présidentielles au président de l’Assemblée nationale, l’accusant de se comporter comme un chef d’État et d’entretenir des lobbies pour succéder aux actuels dirigeants. Pour contrer ce qu’il qualifie de « relents totalitaires », le député compte introduire une proposition de révision du règlement intérieur visant à réduire la durée du mandat du président de l’Assemblée à un an renouvelable. Il a enfin tenu à minimiser les rumeurs de tensions entre Ousmane Sonko et le Président Diomaye Faye, évoquant de simples « différences d’approche » inhérentes à la dynamique politique.


