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“Arrêtez ADO et Macky avant qu’ils ne brûlent la région”

La zone UEMOA est l’une des zones les plus dynamiques en Afrique avec un taux de croissance supérieur à 6 % pour la 7eme année consécutive. Avec l’apparition de la pandémie, cette activité économique sera fortement impactée et la zone entrera en récession pour la première fois depuis des années.

En tant que première économie de la zone, la Côte d’Ivoire risque de replonger la zone dans des incertitudes à cause de la décision de son actuel chef d’Etat, Alassane Dramane Ouattara, de se présenter aux prochaines élections. En tant que deuxième économie de la zone, le président Sall doit être clair sur le sujet du troisième mandat. Il est impératif que toutes les voix, autorisées ou non, se lèvent pour décrier cette situation qui risquerait de créer un effet d’entraînement sur les autres pays de la zone. La Côte d’Ivoire et le Sénégal ont connu des moments sombres en politique et il ne faudrait pas que ces deux dirigeants, en plus de la récession causée par la pandémie, ne poussent la zone dans une autre crise.

Contexte

Ancienne colonie française, la Côte d’Ivoire a été politiquement stable pendant la majeure partie de sa période postcoloniale. Elle faisait partie des économies les plus performantes de l’Afrique subsaharienne et était un pôle commercial clé. En tant qu’un des principaux producteurs mondiaux de cacao et de café, son succès économique est dû à des politiques favorables à l’agriculture et des prix à l’exportation souvent favorables. Ce succès est en grande partie l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, qui était président de 1960 jusqu’à sa mort en 1993. Son mandat patriarcal et semi-autoritaire a toujours marqué la stabilité du pays. Cependant, durant ses dernières années au pouvoir, on a assisté à des conflits internes et la dissidence politique. Il a su les gérer grâce à un mélange de l’autorité et l’utilisation stratégique du favoritisme politique en mettant l’accent sur l’inclusion socio-économique et le réinvestissement de la richesse dans l’économie.

Problèmes socio-politiques

Au milieu des années 80, on a assisté à des appels à une démocratisation accompagnés de troubles sociaux et de tensions politiques. Ceux -ci ont été stimulés par la baisse des prix du cacao, la crise de la dette des années 80 et la diminution des terres agricoles entraînant un déclin économique et des mesures d’austérité budgétaire. Conséquemment, cela s’est traduit en problèmes d’ethnicité, de chauvinisme régional et d’appartenance religieuse. Les élections multipartites du 28 octobre 1990 ont alimenté ces tendances en générant des partis politiques qui se sont mobilisés autour de ces sources d’affinité paroissiales. Cette concurrence politique multipartite s’est intensifiée après la mort de Houphouët-Boigny, ce qui a conduit à des rivalités sur les droits de succession des dirigeants. Son successeur, Henri Konan-Bédié, a adopté la politique d’exclusion comme moyen de construire sa base politique. Il a promu une idéologie xénophobe et nationaliste connue sous le nom d’ivoirité. Il a défini les sudistes comme des Ivoiriens « authentiques », par opposition aux Ivoiriens « circonstanciels », c’est-à-dire les nordistes et les immigrants. Sa politique a créé une dissidence au sein de son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), amenant certains éléments du PDCI à former un nouveau parti, le Rassemblement des républicains (RDR) sous Alassane Ouattara.

L’épisode Gbagbo

Laurent Gbagbo a remporté une élection violente à la fin de 2000 prenant le pouvoir avec une petite pluralité du dictateur militaire Robert Guéï qui avait évincé Bédié par coup d’état en 1999. Après que Robert Guéï ait tenté de truquer le décompte des voix en sa faveur, le parti du Front populaire ivoirien (FPI) de Gbagbo a appelé ses partisans dans les rues et a obtenu le soutien d’éléments clés des forces de sécurité. L’élection a ouvert la voie à un fossé grandissant entre le nord et le sud. Les restrictions électorales, tant en 2000 qu’avant, avaient empêché la candidature de Ouattara aux élections, suscitant des ressentiments nordiques. Malgré les tensions sociales et politiques, en 2001 et 2002, la Côte d’Ivoire a fait des progrès limités vers la régénération de la réconciliation nationale et le compromis politique. À la fin de 2001, par exemple, des représentants clés de tous les principaux partis et circonscriptions nationales ont participé à un forum de réconciliation nationale à multiples facettes organisé par le gouvernement. Mais en juillet 2002, les élections locales ont été marquées par des violences, des boycotts et des irrégularités.

Wade et son troisième mandat

Dans une interview accordée à VOA le 18 septembre 2009, le président sénégalais Abdoulaye Wade avait annoncé qu’il allait briguer un troisième mandat. En 2001, le Sénégal a adopté une nouvelle constitution qui limite le mandat présidentiel à deux mandats consécutifs et réduit la durée du mandat à cinq ans. Cependant, ça n’a pas été appliqué rétroactivement au premier mandat du président Wade parce qu’il était élu avant l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution. Pour cette raison, son premier mandat était de sept ans et les deux mandats consécutifs ont commencé avec son deuxième mandat, qui a commencé en 2007. Sachant qu’il était devenu impopulaire à cause de son fils, le président Wade a introduit un projet de réforme constitutionnel pour assurer son élection et ainsi passer le témoin a son fils après son départ. Les sénégalais ont fait face aux forces de l’ordre et le président Wade a renoncé in extremis à ce fameux projet qui devait abaisser le seuil à 25 % pour passer au premier tour.

Le jeu clair-obscur de Macky Sall

L’actuel président sénégalais maintient toujours un clair-obscur sur un éventuel troisième mandat au point de limoger quiconque oserait en parler. Il a entrepris plusieurs grands projets en même temps, et certains projets qui devaient voir le jour depuis plus d’une année sont toujours en cours de réalisation. Il espérait alors se rattraper sur son second mandat en mettant l’accent sur une gouvernance sobre et vertueuse et sur le fameux fast-track avant que la pandémie ne mette à terre toutes les économies du monde. C’est pourquoi on dit souvent qu’il ne faut jamais remettre au lendemain ce qui peut être fait le jour même. Il y a un goût d’inachevé et c’est ce goût amer qui risque de pousser le président à briguer un troisième mandat pour éventuellement tenter d’entrer dans le cœur des Sénégalais. Si le président s’arrête à ces deux mandats, il ne pourra jamais se glorifier d’avoir fait quelque chose de significatif au Sénégal.

Enfin

La jeunesse africaine est devenue mûre et elle ne se laisse plus faire lorsque les dirigeants changent la constitution pour s’éterniser au pouvoir. Une chose est sûre, ces deux dirigeants risquent de perturber la zone à des fins personnelles. Il faut penser aux populations qui sont asservies et qui ne demandent que la stabilité pour pouvoir survivre. Cette population ne demande pas d’hôpitaux, ni d’emplois, elle ne demande que la stabilité pour pouvoir survivre. Est-ce trop demander messieurs ? Réfléchissez et ne vous laissez pas influencer par ces soi-disant conseillers qui ne pensent qu’à leurs intérêts. De grâce, ne déstabiliser pas la région qui est déjà affectée par cette pandémie. Pensez au peuple et sortez par la grande porte.

* Mohamed Dia

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