L’arrestation matinale d’un demandeur d’asile afghan de 41 ans dans le Texas s’est soldée par une issue fatale moins de 24 heures plus tard. Ce décès, survenu alors que l’individu se trouvait sous la garde des services d’immigration américains (ICE), ravive l’attention sur les conditions de détention des ressortissants afghans aux États-Unis.
Mohommad Nazeer Paktyawal a été interpellé le 13 mars à Richardson, au Texas, alors qu’il déposait ses enfants à l’école. Selon une déclaration de sa famille transmise par le groupe de défense AfghanEvac, cet homme marié et père de six enfants travaillait dans une boulangerie et un marché halal de son quartier. Le lendemain de son placement en détention, ses proches ont été informés de son transfert en urgence à l’hôpital, où son décès a été prononcé.
L’agence américaine de l’immigration et des douanes (ICE) a expliqué que le quadragénaire s’était plaint de difficultés respiratoires et de douleurs thoraciques lors de son enregistrement. Transféré à l’hôpital Parkland, le personnel médical a constaté un gonflement de sa langue le lendemain matin. Malgré des tentatives de réanimation, son décès a été déclaré à 9h10. Dans sa communication, l’ICE a qualifié Mohommad Nazeer Paktyawal d’« étranger illégal criminel », justifiant cette appellation par une précédente arrestation par les autorités locales pour une fraude présumée liée au programme d’aide alimentaire américain (SNAP).
Cette version officielle a immédiatement fait réagir les organisations de défense. Shawn VanDiver, fondateur d’AfghanEvac, a indiqué à Al Jazeera que l’étiquette de « criminel » visait à détourner l’attention, précisant que le ressortissant afghan n’avait jamais été inculpé ni condamné à la suite de ces accusations. Il souligne que le décès d’un homme de 41 ans, décrit comme étant en bonne santé, en moins de 24 heures de détention indique un manquement au devoir de prise en charge.
Le profil du défunt ajoute une dimension particulière au dossier. Mohommad Nazeer Paktyawal avait servi comme soldat dans les forces spéciales afghanes à partir de 2005, opérant aux côtés de l’armée américaine dans la province de Paktika. Il faisait partie des quelque 70 000 Afghans évacués vers les États-Unis en 2021 lors du retrait militaire américain. L’Afghan-American Foundation a officiellement réclamé une enquête exhaustive sur les circonstances de sa mort.
Cet événement intervient dans un contexte d’intensification des procédures d’expulsion sous l’administration du Président Donald Trump. Les données de l’American Immigration Council montrent que le nombre de personnes détenues par l’ICE est passé de 40 000 à 73 000 en l’espace d’un an, à la date de janvier 2026.
La communauté afghane fait par ailleurs l’objet d’une attention spécifique depuis novembre 2025, date à laquelle un ressortissant afghan a mortellement blessé un membre de la Garde nationale à Washington. À la suite de cet incident, le gouvernement américain a suspendu la délivrance de nouveaux visas et gelé le traitement des demandes d’asile pour les citoyens afghans. Ces restrictions s’appliquent également à ceux ayant directement collaboré avec les forces américaines. L’organisation Global Refuge précise que la fin du statut de protection temporaire laisse actuellement environ 11 700 Afghans sans protection contre l’expulsion sur le sol américain.