Face à la crise qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) depuis le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, l’administration rectorale tente de désamorcer la tension par une série de médiations. Le Recteur Alioune Badara Kandji a multiplié les rencontres ces derniers jours, naviguant entre impératifs académiques et gestion du volet social, tout en livrant les derniers chiffres concernant le sort judiciaire des étudiants interpellés lors des échauffourées.
**Une démarche d’apaisement envers la famille et les syndicats**
Selon Le Quotidien, le Pr Alioune Badara Kandji s’est rendu lundi dernier au domicile de la famille du défunt pour présenter les condoléances de l’institution. Accompagné d’une délégation comprenant des doyens et des membres du Comité de dialogue social, le Recteur a posé cet acte comme un préalable nécessaire à tout retour au calme.
Dans la continuité de cette visite, l’autorité universitaire a ouvert des consultations avec les différentes entités syndicales. La coordination Saes du campus de Dakar, la section Ucad du Sudes/Esr et l’Intersyndicale des personnels administratifs et techniques (Pats) ont été reçues pour discuter de la situation. Si le campus pédagogique subit les conséquences des événements du campus social (géré par le Coud), l’objectif affiché reste de « sauver l’année académique ».
Les partenaires sociaux ont posé leurs conditions : le Saes exige la sécurisation de l’espace universitaire, tandis que le Sudes/Esr insiste sur l’inclusion des représentants étudiants dans les prises de décision. Les Pats, pour leur part, plaident pour une réouverture rapide du campus social.
**Le point précis sur les détentions**
Au-delà des concertations, le Recteur a apporté des éclaircissements factuels sur le volet judiciaire, source de nombreuses rumeurs sur le campus. Sur les 107 étudiants initialement interpellés par les forces de l’ordre, la grande majorité a recouvré la liberté. D’après les chiffres communiqués, 104 étudiants ont été libérés. Seuls trois d’entre eux ont été déférés au Parquet.
Concernant la vie associative, le Pr Kandji a tenu à préciser la nature de la suspension des amicales étudiantes. Il s’agit, selon lui, d’une « mesure conservatoire » et non d’une dissolution définitive. Le Conseil académique se penchera sur leur rétablissement dès que les conditions de sécurité et de sérénité seront jugées satisfaisantes.