Après les heurts de vendredi, la condition suspensive dictée par les étudiants pour accepter une reprise du dialogue

L’accalmie notée ce week-end à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar reste précaire. Alors que le campus a connu de violents affrontements vendredi dernier entre les forces de l’ordre et les pensionnaires, la coordination estudiantine a profité de cette pause pour clarifier sa position officielle vis-à-vis de la tutelle. Interrogés ce dimanche, les représentants des étudiants ont défini un cadre strict pour la suite des événements, rejetant toute nouvelle rencontre protocolaire tant qu’une exigence financière précise n’aura pas été satisfaite par l’État.

La position est désormais tranchée et ne souffre, aux yeux des délégués, d’aucune ambiguïté. Invité de l’émission Objection sur Sud FM, Khadim Diouf, président de la Commission pédagogique de la Faculté des sciences, a indiqué que le paiement intégral des rappels de bourses constitue désormais un préalable absolu. Selon les propos relayés par nos confrères de Sud Quotidien, cette revendication est qualifiée de « non négociable » par la coordination, qui refuse de poursuivre les discussions sur les réformes tant que ce passif n’est pas apuré.

Pour justifier cette intransigeance, les responsables syndicaux mettent en avant la précarité vitale dans laquelle se trouvent de nombreux étudiants. Khadim Diouf a souligné que ces fonds ne relèvent pas du confort, mais de la survie académique et sociale. « C’est notre droit le plus absolu de recevoir nos rappels et nos bourses mensuelles, parce que c’est notre seul et unique salut pour préserver notre dignité, nous documenter, nous soigner quand nous sommes malades et nous alimenter », a-t-il déclaré sur les ondes de la radio privée.

Cette radicalisation du discours fait suite à un constat d’échec des méthodes douces. D’après les responsables, la stratégie du dialogue, privilégiée durant les trois derniers mois à travers des échanges de mémorandums, n’a abouti à aucun résultat tangible. Les étudiants accusent aujourd’hui les autorités de « manœuvres dilatoires » et de tentatives de manipulation de l’opinion publique. « L’autorité ne comprend pas la diplomatie », a déploré le président de la Commission pédagogique, estimant que le règlement de cette dette ne représente pas un coût insurmontable pour l’État, mais une nécessité pour « la crème intellectuelle » du pays.

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