Une atmosphère particulièrement lourde pèse sur l’actualité nationale, marquée par une succession d’événements majeurs qui contrastent brutalement avec l’euphorie de la récente victoire continentale à Rabat. Alors que l’opinion publique tente de digérer les révélations d’un scandale de mœurs impliquant des personnalités médiatiques, l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) a basculé dans la violence. Au cœur de cette tempête sociale et sécuritaire, la réponse gouvernementale était attendue pour clarifier les responsabilités, notamment après l’intervention des forces de l’ordre sur le campus.
Selon les informations rapportées par Le Quotidien, deux crises distinctes secouent simultanément le pays. La première concerne le démantèlement d’un réseau présumé de pédopornographie et de contamination volontaire au VIH, orchestré par un ressortissant français nommé Pierre Robert. Installé depuis 2017, ce dernier aurait recruté des intermédiaires locaux pour des activités illicites ciblant des mineurs.
L’enquête, qui a permis la saisie de près de 50 000 fichiers compromettants, a conduit à une vague d’interpellations. Une douzaine de personnes ont été placées en garde à vue à la gendarmerie de Keur Massar. Parmi les noms cités par nos confrères figurent des figures connues du paysage culturel et médiatique, notamment le chanteur Djiby Dramé et l’animateur Pape Cheikh Diallo.
Cependant, c’est la situation explosive à l’université qui cristallise les tensions les plus vives. Les revendications étudiantes concernant le paiement des bourses ont dégénéré en affrontements ouverts. Après une « Journée sans tickets » et le saccage de restaurants universitaires, la violence est montée d’un cran sur la Corniche, rappelant les heures sombres des confrontations entre étudiants et forces de l’ordre.
Le bilan de cette escalade est lourd. Lors de l’intervention massive des forces de sécurité le lundi 9 février 2026, un étudiant en deuxième année de médecine, Abdoulaye Bâ, a perdu la vie. D’après les témoignages recueillis sur place et relayés par la source, le jeune homme aurait succombé après avoir été brutalisé. Ce drame a immédiatement suscité une vive émotion et contraint l’exécutif à sortir de sa réserve.
Face à la presse, cinq ministres ont tenté d’apporter des réponses. Si le ministre de l’Enseignement supérieur est revenu sur les causes structurelles du conflit, c’est la prise de parole du ministre de l’Intérieur qui a retenu l’attention. Tout en évoquant des « forces obscures » qui manipuleraient les étudiants, il a reconnu publiquement des défaillances au sein de son dispositif. Il a admis que ses hommes avaient fait preuve d’un « excès de zèle » et a promis des sanctions, affirmant sa volonté de sévir « jusque dans sa propre maison ».
De son côté, le ministre de la Justice a assuré que toute la lumière serait faite sur cette affaire, tandis que le ministre des Forces armées a lancé un appel à l’apaisement et à la réconciliation nationale, en écho à la vision prônée par le président de la République. Ce dernier, actuellement en déplacement à l’intérieur du pays, et son Premier ministre, en tournée politique, font face à une épreuve majeure de gouvernance sécuritaire et sociale.