Une vive tension a marqué l’assemblée générale des enseignants réunis ce matin à l’école 4 de la commune de Kaffrine. Au-delà du simple suivi du mouvement de débrayage, la rencontre s’est cristallisée autour d’une riposte frontale contre les déclarations jugées erronées sur la légalité des mouvements d’humeur en début d’année. Mais l’indignation des syndicalistes du G7 ne s’est pas arrêtée à une simple mise au point technique : elle a débouché sur une exigence institutionnelle majeure adressée directement au chef de l’État.
Le point de départ de cette levée de boucliers réside dans les propos tenus par Mamadou Lamine Dianté, ancien camarade des syndicalistes présents. Ce dernier avait affirmé que décréter un mot d’ordre de grève durant le mois de janvier serait contraire aux textes en vigueur. Une lecture réglementaire que les responsables syndicaux de la région rejettent catégoriquement. Pour eux, cette interprétation ne repose sur aucun fondement juridique tangible.
Selon les éléments rapportés par nos confrères d’Emedia, la réaction sur le terrain a été immédiate et ferme. Souleymane Diongue, secrétaire général de la section SELS de Kaffrine, a qualifié cette sortie de « maladroite et inappropriée », insistant sur le fait que les allégations de M. Dianté sont « archi fausses ». Cette position fait l’unanimité parmi les secrétaires généraux qui ont assisté à cette assemblée générale, marquant une rupture nette avec l’analyse de leur ancien collègue.
Cependant, la contestation a pris une tournure plus politique avec l’intervention de Wandyfa Mané. Le secrétaire général du SAEMS de Kaffrine a profité de cette tribune pour remettre en cause l’existence même de l’organe censé réguler ces conflits. Jugeant la structure inefficace dans sa mission actuelle, il a formulé une demande explicite au président de la République Bassirou Diomaye Faye : la dissolution pure et simple du Haut Conseil du Dialogue social (HCDS).
Pour le responsable syndical, cette instance est désormais « superflue » et ne justifie plus son maintien dans l’architecture institutionnelle du pays. « Le Haut Conseil du Dialogue social doit être dissout car il est superflu », a-t-il martelé, appelant les autorités à prendre leurs responsabilités. Le G7 de Kaffrine entend maintenir cette ligne dure, liant la défense des droits des travailleurs à une refonte nécessaire du cadre de concertation nationale.