Après avoir revendiqué la mort de 22 opposants, le sort funeste que le fils du président ougandais souhaite désormais à Bobi Wine

La crise politique ouverte en Ouganda au lendemain de la réélection de Yoweri Museveni vient de prendre une tournure sécuritaire inquiétante. Alors que l’opposition conteste la validité du scrutin, la confrontation verbale a laissé place à des menaces explicites émanant du sommet de la hiérarchie militaire contre le principal rival du chef de l’État.

Le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président réélu et figure centrale de l’armée ougandaise, a directement ciblé Bobi Wine, le leader de la Plateforme d’unité nationale (NUP). Dans une série de publications sur le réseau social X, le haut gradé a établi un décompte macabre concernant les militants de l’opposition, affirmant que les forces de sécurité ont « tué 22 terroristes du NUP depuis la semaine dernière ». Il a ensuite formulé un souhait sans équivoque concernant son adversaire politique, utilisant le surnom « Kabobi » pour le désigner : « Je prie pour que le 23ème soit Kabobi ».

**Un ultimatum de 48 heures imposé à l’opposant**

Au-delà de cette déclaration, le général Kainerugaba a posé un ultimatum strict à l’ancien chanteur devenu politique. Il lui a donné « exactement 48 heures pour se rendre à la police ». Passé ce délai, le fils du président a averti que Bobi Wine serait traité comme un « hors-la-loi » ou un « rebelle » et géré en conséquence. Il a par ailleurs accusé l’opposant de se cacher depuis le vote, alors que l’armée a démenti avoir mené des raids à son domicile ou tenté de le capturer.

**Les accusations de fraude relayées par Al Jazeera**

Actuellement en clandestinité, Bobi Wine s’est exprimé lors d’un entretien accordé à Al Jazeera. Il justifie son absence par la nécessité de rester libre pour « parler au monde », affirmant que s’il était resté chez lui, tout accès lui aurait été coupé. L’opposant rejette catégoriquement le qualificatif de « terroriste » utilisé par le pouvoir, estimant que dans les dictatures africaines, s’opposer au régime équivaut souvent à être traité de traître.

Concernant le scrutin qui a vu Yoweri Museveni remporter un septième mandat, Bobi Wine maintient ses accusations de fraude massive. Il évoque l’existence de preuves vidéo montrant des officiels de la commission électorale en train de remplir des urnes en faveur du président sortant. Sollicité par Al Jazeera sur ces allégations précises, un porte-parole de la Commission électorale ougandaise a refusé de commenter.

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