Amériques : L’agence de santé de l’ONU identifie la menace précise qui met en péril le statut sanitaire des États-Unis et du Mexique

L’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS) a émis mercredi une alerte épidémiologique concernant une hausse significative des cas de rougeole sur le continent américain. Alors que la région avait été déclarée exempte de la maladie en 2016, les données consolidées de 2025 et du début 2026 révèlent une tendance inquiétante, particulièrement en Amérique du Nord. Cette résurgence place désormais deux grandes puissances régionales face au risque imminent de perdre leur certification d’élimination du virus.

**Une accélération virale documentée**

Les chiffres communiqués par l’agence onusienne illustrent une progression rapide de la contagion. Pour les trois seules premières semaines de l’année 2026, l’OPS a documenté 1 031 cas à travers les Amériques. Ce démarrage intense fait suite à une année 2025 déjà marquée par un total de 14 891 infections confirmées.

Dans son communiqué, relayé par Al Jazeera, l’organisation qualifie cette augmentation brutale de « signe d’avertissement » nécessitant une action immédiate et coordonnée des États membres. L’objectif affiché est le renforcement urgent des activités de surveillance de routine et, surtout, de la vaccination.

**Des foyers actifs aux États-Unis et au Mexique**

La situation est particulièrement critique en Amérique du Nord. Le Mexique a enregistré le bilan le plus lourd du continent en 2025 avec 6 428 cas, auxquels s’ajoutent déjà 740 nouvelles infections sur le début de l’année en cours. Aux États-Unis, bien que les chiffres soient inférieurs, la dynamique reste préoccupante avec 2 242 cas l’an dernier et 171 nouveaux malades recensés en janvier 2026.

Certains États américains font face à des flambées spécifiques. La Caroline du Sud a rapporté 876 incidents récents, dont la grande majorité (800) concernait des personnes non vaccinées. Au Texas, une épidémie survenue entre janvier et août a entraîné 762 cas et 99 hospitalisations. Fait tragique souligné par le rapport, deux enfants non vaccinés sont décédés dans cet État des suites de la maladie.

**Le recul de la couverture vaccinale en cause**

Cette résurgence s’explique principalement par une baisse des taux de vaccination, alimentée par la désinformation. Aux États-Unis, le vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole), pourtant considéré comme sûr et offrant une protection à vie, fait l’objet de théories du complot persistantes.

L’actuel secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr, a par le passé remis en cause l’efficacité et la sécurité de ce vaccin. Des positions qui contrastent avec les données des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), qui rappellent que le vaccin est nettement plus sûr que l’exposition au virus lui-même. La rougeole, capable d’infecter neuf personnes non protégées sur dix en cas de contact, peut provoquer des complications graves telles que des pneumonies ou des encéphalites.

**Un statut sanitaire historique menacé**

La conséquence administrative et sanitaire de ces flambées est la remise en question du « statut d’élimination » de la rougeole. Les États-Unis avaient obtenu cette certification en 2000 et le Mexique en 1996. Ce statut signifie que le virus ne circule plus de manière endémique sur le territoire.

L’OPS a indiqué qu’elle réexaminerait la situation de ces deux pays lors d’une réunion virtuelle prévue le 13 avril prochain. Le risque de déclassement est réel : le Canada a déjà vu son statut révoqué en novembre dernier après avoir enregistré 5 436 cas en 2025. Pour récupérer cette certification, le pays devra démontrer l’arrêt de la transmission liée aux épidémies pendant plus d’un an.

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