Amérique latine : l’administration Trump ouvre un nouveau front militaire et assimile cette cible à Al-Qaïda

Alors que les tensions persistent au Moyen-Orient, les États-Unis opèrent un virage stratégique majeur vers l’Amérique latine. Lors de la conférence inaugurale « Americas Counter Cartel », organisée ce jeudi en Floride, l’administration de Donald Trump a officialisé une approche purement militaire pour asseoir son influence dans l’hémisphère occidental.

L’objectif affiché par Washington est d’appliquer à la région les méthodes de la « guerre mondiale contre le terrorisme ». Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le conseiller à la sécurité de la Maison Blanche, Stephen Miller, a catégoriquement exclu toute approche judiciaire classique face aux cartels de la drogue. Ces réseaux criminels sont désormais assimilés par l’exécutif américain à des groupes armés tels qu’Al-Qaïda ou le groupe État islamique. « Nous n’allons pas céder un pouce de territoire dans cet hémisphère à nos ennemis », a déclaré M. Miller, justifiant le recours exclusif à la « force létale » et à la puissance militaire.

Sur le terrain, cette politique s’est déjà traduite par des actions directes. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a confirmé que l’armée américaine avait mené au moins 44 frappes aériennes contre des navires soupçonnés de trafic de drogue dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique oriental. Ces opérations ont fait environ 150 morts. L’identité des victimes n’a pas été officiellement divulguée, bien que des associations de défense des droits humains et des familles affirment que des pêcheurs et des travailleurs informels figurent parmi les cibles. Pour le chef du Pentagone, ces frappes meurtrières visent à « établir une dissuasion » face à des réseaux pour qui le risque d’arrestation était déjà intégré dans leur fonctionnement.

L’expansion de cette présence militaire prend également la forme d’alliances terrestres. Le Pentagone a annoncé mercredi le lancement d’opérations conjointes avec l’armée de l’Équateur. Devant des représentants de gouvernements conservateurs d’Argentine, du Honduras et de la République dominicaine réunis à Mar-a-Lago, Pete Hegseth a précisé que les États-Unis préféraient agir en coalition, mais se tenaient prêts à « passer à l’offensive seuls, si nécessaire ». Cette stratégie s’inscrit dans ce que les responsables de l’administration nomment la « doctrine Donroe », une déclinaison de la doctrine Monroe de 1823 visant à garantir une sphère d’influence américaine exclusive et éloignée de l’Europe.

Les discours tenus lors de cette conférence ont également mis en lumière les fondements idéologiques de cette offensive. Les officiels américains ont décrit les pays de l’hémisphère comme des « descendants de la civilisation occidentale » et des « nations chrétiennes ». Stephen Miller a fait référence à l’usage de « moyens impitoyables » dans l’histoire européenne des 18e et 19e siècles pour justifier les actions militaires actuelles en Amérique latine. Pete Hegseth a, pour sa part, évoqué la nécessité de contrer les « incursions » étrangères, une référence à l’influence économique et politique croissante de la Chine dans la région.

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