Le délai d’attente d’un an est désormais écoulé. Depuis ce 27 janvier 2026, les États-Unis ne sont officiellement plus partie prenante de l’Accord de Paris sur le climat, concrétisant la volonté exprimée par le président Donald Trump dès le début de son second mandat. Si cette sortie était attendue, les experts s’inquiètent aujourd’hui d’une manœuvre plus profonde qui pourrait verrouiller durablement la porte de la diplomatie climatique américaine.
Ce retrait marque la perte d’un acteur central dans la lutte contre la crise climatique. Richard J. T. Klein, chercheur principal à l’Institut de l’environnement de Stockholm, a analysé pour l’agence Anadolu les implications de cette décision. Selon nos informations, la notification avait été transmise aux Nations Unies dès janvier 2025, enclenchant le compte à rebours réglementaire qui vient de s’achever.
**Un verrouillage institutionnel redouté**
Au-delà du retrait de l’Accord de Paris, c’est la stratégie potentielle concernant la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui préoccupe les observateurs. Richard Klein souligne un risque juridique majeur : si l’administration Trump décidait de quitter également cette Convention-cadre, le processus de retour pour une future administration serait considérablement complexifié.
Contrairement à l’Accord de Paris, que le président peut rejoindre par décret, la réadhésion à la CCNUCC nécessiterait une ratification par le Sénat américain. Une telle procédure soumettrait la politique climatique des États-Unis aux aléas des majorités parlementaires, rendant un retour rapide quasi impossible.
**Impact financier et perte d’influence**
Ce désengagement a des récussions immédiates sur le fonctionnement des institutions climatiques. Les États-Unis, en tant que première économie mondiale, contribuaient massivement au budget du Secrétariat de la CCNUCC basé à Bonn. L’institution devra désormais composer avec une réduction drastique de ses ressources.
Sur le plan diplomatique, l’absence américaine modifie les rapports de force. Le chercheur note que Washington jouait un rôle de levier pour inciter des acteurs majeurs comme la Chine à adopter des objectifs ambitieux, ou pour contrer les réticences de pays exportateurs de pétrole comme l’Arabie saoudite. Ce bloc de négociation n’existe plus.
**L’économie plus forte que la politique ?**
Malgré ce retrait politique, la réalité économique pourrait maintenir les États-Unis sur une trajectoire de réduction des émissions. Richard Klein précise qu’indépendamment des traités internationaux, la baisse des coûts des énergies renouvelables rend la transition énergétique économiquement avantageuse pour Washington. La consommation de combustibles fossiles pourrait donc continuer de diminuer, dictée par les intérêts économiques plutôt que par les obligations diplomatiques.