Alors que les discussions reprennent en Suisse, Benjamin Netanyahu impose quatre lignes rouges et une contrainte physique sur les équipements

Alors que les diplomates s’activent en Suisse pour tenter de relancer le dialogue entre Washington et Téhéran, le Premier ministre israélien a publiquement défini le cadre de ce qu’il considère comme un accord acceptable. Au-delà des déclarations politiques habituelles, Benjamin Netanyahu a posé des exigences techniques précises qui pourraient complexifier la tâche des négociateurs américains.

Le chassé-croisé diplomatique s’intensifie. Tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, se trouve en Suisse pour un second round de discussions nucléaires avec les États-Unis, Tel-Aviv maintient une pression maximale sur le dossier. Intervenant lors de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, Benjamin Netanyahu a levé le voile sur la teneur de ses récents échanges avec la Maison Blanche.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le dirigeant israélien a transmis la semaine dernière au président Donald Trump une liste de conditions jugées non négociables pour la sécurité de l’État hébreu. Si le scepticisme de Netanyahu quant à la réussite d’un accord reste entier, c’est la nature de ses exigences qui retient l’attention des observateurs.

Une distinction technique capitale

Le point d’achoppement principal ne réside pas seulement dans l’arrêt des activités nucléaires, mais dans le sort réservé aux installations elles-mêmes. Benjamin Netanyahu a insisté sur une nuance fondamentale : il ne suffit pas de stopper le processus. « La première condition est que tout le matériel enrichi doit quitter l’Iran », a-t-il déclaré, avant de préciser sa pensée sur les infrastructures.

L’exigence israélienne porte sur un démantèlement physique. « Il ne doit y avoir aucune capacité d’enrichissement. Il ne s’agit pas d’arrêter le processus, mais de démanteler l’équipement et l’infrastructure qui permettent d’enrichir en premier lieu », a martelé le Premier ministre. À cela s’ajoutent deux autres lignes rouges : la résolution de la question des missiles balistiques et la mise en place d’inspections « réelles et sans délai », rejetant tout protocole de vérification qui laisserait du temps à Téhéran pour dissimuler ses activités.

Divergences tactiques à Washington

Ces déclarations interviennent après une rencontre à Washington mercredi dernier entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu, leur septième entrevue depuis le retour aux affaires du président américain. Si les deux hommes s’accordent sur l’objectif final — empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire — la méthode pour y parvenir fait l’objet de discussions serrées.

D’après un rapport d’Axios, les deux dirigeants ont convenu d’intensifier l’étau économique, ciblant particulièrement les ventes de pétrole iranien à la Chine. Cependant, une divergence d’approche subsiste. Alors que Netanyahu juge un « bon accord » impossible dans les conditions actuelles, Donald Trump souhaite maintenir la porte entrouverte. « Essayons », aurait lancé le président américain, tout en admettant devant la presse qu’aucun accord définitif sur la marche à suivre n’avait été scellé.

La menace militaire en toile de fond

Ce ballet diplomatique se déroule dans un climat de tension militaire extrême. Le souvenir de la campagne de bombardements de juin dernier et de la guerre de 12 jours qui a suivi reste vif. Pour appuyer sa position, Donald Trump a annoncé l’envoi d’un second porte-avions au Moyen-Orient. « Au cas où nous ne parviendrions pas à un accord, nous en aurons besoin », a-t-il justifié, n’écartant pas l’idée d’un changement de régime à Téhéran.

Cette posture offensive est corroborée par des informations de la chaîne CBS, indiquant que Donald Trump aurait assuré Benjamin Netanyahu dès décembre de son soutien pour des frappes israéliennes sur le programme balistique iranien en cas d’échec des négociations. Une perspective qui alimente les craintes d’un embrasement plus large, alors que la région est déjà secouée par des incidents répétés à la frontière libanaise et syrienne.

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