Alors que l’échéance de février approche en Haïti, la ligne rouge fixée par l’administration Trump au Conseil de transition

La situation politique en Haïti fait l’objet d’une surveillance accrue de la part de Washington. Alors que le pays caribéen traverse une crise institutionnelle et sécuritaire majeure, l’administration américaine a adressé un message de fermeté aux autorités locales. L’ambassade des États-Unis a clarifié sa position concernant la gestion de la période de transition, posant des limites strictes aux actions du Conseil présidentiel dont le mandat arrive à son terme.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les États-Unis ont émis un avertissement explicite au Conseil présidentiel de transition (CPT) d’Haïti. Le sous-secrétaire d’État, Christopher Landau, a indiqué que Washington considérerait toute tentative de modification de la composition du gouvernement comme une atteinte aux objectifs de sécurité et de stabilité. Cette mise en garde intervient alors que le mandat du Conseil doit expirer le 7 février prochain.

Dans une déclaration diffusée jeudi, Christopher Landau a précisé que les États-Unis réagiraient si de tels changements devaient survenir à ce stade avancé de la transition. « Les États-Unis considéreraient toute personne soutenant une telle mesure perturbatrice favorisant les gangs comme agissant contre les intérêts des États-Unis, de la région et du peuple haïtien, et agiront en conséquence », a-t-il affirmé. Si la nature exacte des représailles n’a pas été détaillée, le message vise à dissuader toute manœuvre politique susceptible de fragiliser davantage l’exécutif en place.

Ce rappel à l’ordre s’inscrit dans un contexte de tensions internes au sein du Conseil. Créé en 2024 pour établir un cadre vers de nouvelles élections fédérales, cet organe de neuf membres fait face à des critiques concernant sa composition, issue de l’élite politique et économique, ainsi qu’à des accusations de corruption. Les États-Unis avaient d’ailleurs déjà imposé, en novembre dernier, des restrictions de visa à l’encontre de l’économiste Fritz Alphonse Jean, membre du Conseil.

L’administration du Président Donald Trump inscrit cette démarche dans une politique régionale réaffirmée, qualifiée de « Doctrine Donroe ». Cette approche postule que l’ensemble de l’hémisphère occidental relève de la sphère d’influence américaine. La vigilance de Washington est renforcée par l’instabilité chronique en Haïti, aggravée depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 et l’absence d’élections fédérales depuis lors.

Sur le plan sécuritaire, le bilan dressé par les Nations Unies demeure alarmant. Un rapport récent indique qu’entre janvier et novembre de l’année dernière, environ 8 100 personnes ont été tuées dans des violences, marquant une escalade par rapport aux 5 600 victimes recensées en 2024. Les gangs contrôlent désormais jusqu’à 90 % de la capitale, Port-au-Prince, provoquant le déplacement de plus de 1,4 million d’Haïtiens.

Face à cette impasse, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lié la crise humanitaire au vide gouvernemental, soulignant l’urgence de la tenue d’élections. Bien que le premier scrutin ait été reporté au mois d’août, des efforts d’enregistrement des électeurs ont été notés. Carlos Ruiz-Massieu, représentant de l’ONU en Haïti, a toutefois insisté devant le Conseil de sécurité sur la nécessité de mettre fin aux luttes internes pour ne pas compromettre le processus démocratique.

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