Afrique du Sud : le rapatriement de 11 citoyens piégés sur le front ukrainien implique la fille d’un ex-président

Un groupe de ressortissants sud-africains, victimes d’un réseau de recrutement frauduleux leur promettant des emplois lucratifs, s’est retrouvé enrôlé sur les lignes de front en Europe de l’Est. La présidence sud-africaine vient d’annoncer leur retour imminent, rendu possible par des tractations diplomatiques au plus haut niveau.

Selon les données communiquées par Pretoria mardi, onze hommes piégés dans la région du Donbass, épicentre des combats dans l’est de l’Ukraine, sont attendus prochainement en Afrique du Sud. Ils font partie d’un groupe de dix-sept individus, âgés de 20 à 39 ans, ayant lancé des appels de détresse à la fin de l’année dernière. Quatre d’entre eux ont déjà regagné le territoire national la semaine dernière. Deux autres se trouvent toujours en Russie, dont un hospitalisé et un autre en cours de rapatriement.

La résolution de ce dossier s’est opérée par la voie diplomatique. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a publiquement remercié son homologue russe, Vladimir Poutine, pour avoir répondu favorablement à sa demande. Comme le souligne le média Al Jazeera, l’Afrique du Sud s’efforce de maintenir une position de non-alignement dans le conflit ukrainien, tout en préservant des liens étroits avec Moscou au sein des BRICS.

La loi sud-africaine interdisant formellement à ses citoyens de combattre pour une armée étrangère sans autorisation gouvernementale, une enquête a été ouverte. Les hommes rapatriés sont auditionnés par la police dès leur arrivée. Les investigations ciblent actuellement au moins trois personnes soupçonnées d’avoir organisé ce recrutement sous couvert de contrats de travail fictifs. Parmi les suspects figure Duduzile Zuma-Sambudla, la fille de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma. Bien qu’elle rejette ces accusations, elle a récemment démissionné de son poste de députée au Parlement.

Ce phénomène de recrutement trompeur dépasse les frontières sud-africaines. Les services de renseignement kenyans ont récemment indiqué que plus de 1 000 de leurs concitoyens avaient été recrutés pour participer au conflit, 89 d’entre eux se trouvant actuellement sur la ligne de front. En novembre dernier, la diplomatie ukrainienne affirmait avoir identifié dans les rangs russes plus de 1 400 ressortissants originaires de 36 pays africains, dont le Zimbabwe et le Kenya.

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