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Adama Barrow : Un mandat, deux prestations de serment

Adama Barrow vient, en ce Samedi 18 Février 2017, d’inscrire son nom dans le registre des grands hommes politiques, à l’image de Nelson Mandéla en Afrique du Sud, Kwamé N’krumah du Ghana, Patrice Lumunba du Congo et entre autres.

Jamais, (sinon très rarement), le monde ait vu un président qui, pour un seul mandat, prêter deux serments ( Nous comprenons pourquoi ! ), et Adama Barrow vient de le faire, pour une première fois dans l’histoire politique de l’Afrique moderne et ainsi il entre à jamais dans la grande lignée des hommes qui vont marquer l’histoire politique de ce pays.

En Afrique on aura tout vu avec les politiciens. Si entre 2011 et 2012 nous avons échappé de justesse au pire au Sénégal avec un Abdoulaye Wade qui, de gré et de force a obligé aux Sénégalais un troisième mandat de tous les noms, nous avons vu au Gabon un Ali Bongo qui a imposé le “Bongoisme” à ses rivaux politiques qui n’ont point pu le sortir du palais par la voie des urnes ( la liste est longue).

Cette situation est compréhensible. Parce qu’en Afrique, la démocratie n’a pas encore finie de se définir. “Au cours des 18 mois qui séparent le début de l’année 2015 de la fin du premier semestre 2016, pas moins de 19 élections présidentielles ont eu lieu sur le continent africain, impliquant plus de 169 millions d’électeurs pour une population concernée estimée à plus de 425 millions d’habitants” a remarqué Christian Bouquet(LAM de Sciences Po Bordeaux et professeur émérite de géographie politique à l’université Bordeaux-Montaigne..)

Fin 2016, la moitié de la population africaine aura été invitée à participer à une élection présidentielle en deux ans. Au plan quantitatif, on doit reconnaître que les peuples africains n’ont jamais été autant consultés en si peu de temps. Est-ce un bon indicateur des progrès de la démocratie ? Ce n’est pas si sûr (Bouquet). Et nous posons la Gambie en témoins de mes allégations.

Nous n’avons pas pour objectif de vous replonger dans tout ce qui s’est passé dans ce pays, non jamais. Mais pour vous dire qu’en Afrique pour la plus part des pays, nous dansons la même musique, c’est simplement le rythme de la danse qui diffère d’un pays à un autre et d’un temps à un autre.

C’est une situation politique incommode, mise en oeuvre par un certain Yahya Jammeh, homme périssable et faillible, qui de son entêtement anti-progressiste, a obligé le Grand Barrow, sauveur dans son terroir, à faire du jamais vu, un mandat, un seul mandat, deux prestations de serment.

Conséquence d’un processus électoral lacunaire 

D’abord parce qu’il ne faut pas confondre processus électoral et processus démocratique, car s’il n’y a pas de démocratie sans élection, il peut y avoir des élections sans démocratie (Cas de la Gambie sous Jammeh).

Ensuite parce qu’une analyse plus approfondie des 19 scrutins évoqués précédemment montre des différences parfois sensibles entre les différents cas de figure. Qu’entend-on par élections présidentielles ? Il s’agit, évidemment, de consultations visant à désigner un président de la République. Mais les modes opératoires ne sont pas partout les mêmes.

Ainsi les dispositions constitutionnelles ne prévoient pas partout le recours au suffrage universel pour élire le chef de l’État. À Maurice, c’est le gouvernement qui a porté, le 31 mai 2015, Ameenah Gurib-Fakim à la magistrature suprême, un poste purement honorifique. En Somalie, c’est le Parlement qui désignera le président avant la fin 2016. En Angola, c’est le chef du parti vainqueur des élections générales de 2017 qui sera président.

Dans certains pays, l’élection présidentielle ne comporte qu’un seul tour, et c’est le candidat arrivé premier qui gagne, même avec un score très bas (Ex de la Gambie : Sur 525 963 suffrages exprimés lors de ce scrutin à un tour, Barrow en a obtenu 227 708 (43,2 %), Jammeh, 208 487 (39,6 %) et le troisième candidat, Mama Kandeh, 89 768 (17 %).

Il en est ainsi au Malawi, en Zambie, au Rwanda, au Cameroun. Ce sont des dispositions relativement récentes qui ont imposé ce système au Togo (2002), au Gabon (2003) et en République démocratique du Congo (2011). On comprend qu’une opposition divisée n’a guère de chances d’obtenir une alternance dans de telles conditions, et les autocrates au pouvoir savent en jouer…

Cheikh Tidiane KANDE.

 

 

 

 

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