Abandonnant l’octroi de licences, l’architecture technique choisie par Toussaint Manga pour verrouiller le jeu en ligne

C’est une mutation profonde dans la manière d’appréhender les jeux de hasard au Sénégal que vient d’acter la direction générale de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE). Face à l’évolution des habitudes de consommation et à la prépondérance du numérique, la société nationale a officialisé, ce mercredi 4 février 2026, un changement de paradigme dans sa collaboration avec les opérateurs privés, redéfinissant les règles d’accès au marché du pari en ligne.

Lors d’une cérémonie présidée par le Directeur général Toussaint Manga, la structure a entériné la signature de conventions de partenariats techniques avec trois nouvelles entités : LONASE Way, LONASE 22BET et LONASE Partner. Cette démarche, qui fait suite à une première expérience avec LONASE Bet, ne constitue pas une simple extension du catalogue d’offres. Elle matérialise une reprise en main du monopole sur l’espace virtuel, un domaine où la régulation s’avère souvent complexe.

Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette initiative répond à une logique de souveraineté économique. Toussaint Manga a tenu à préciser que ces supports digitaux relèvent de la propriété exclusive de la société nationale. « Je voudrais rappeler que la LONASE détient le monopole des jeux de hasard et de pronostic », a-t-il souligné, insistant sur le fait que les bénéfices générés par ces plateformes, bien que gérées techniquement par des partenaires, reviendront in fine à l’État du Sénégal.

Si les produits historiques comme le PMU ou le loto conservent leur ancrage physique avec l’appui de partenaires comme GIA et Honoré Gaming, la digitalisation est présentée comme une étape inéluctable. L’intégration du mobile money et la possibilité de parier à distance imposent cette modernisation des processus. « Le digital est un phénomène nouveau, mais incontournable », a martelé le Directeur général, justifiant ainsi l’accélération de la transformation numérique de l’entreprise.

Le point central de cette nouvelle stratégie réside dans la nature juridique des accords. La direction de la LONASE a clarifié sa position : il ne s’agit plus d’octroyer des licences d’exploitation qui laisseraient une trop grande autonomie aux opérateurs, mais de privilégier des conventions techniques. Ce modèle « gagnant-gagnant », soumis à des évaluations régulières de performance, permet à l’entreprise publique de conserver la maîtrise de son monopole tout en s’appuyant sur l’expertise technologique du secteur privé.

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