La sécurité sanitaire des aliments vendus sur la voie publique à Linguère fait face à une menace invisible mais réelle, liée aux pratiques d’emballage dans les lieux de restauration populaire. Alors que les risques de contamination chimique sont établis, les acteurs du secteur pointent du doigt un déficit d’accompagnement pour justifier le maintien de méthodes controversées.
L’objet de cette inquiétude sanitaire est l’utilisation généralisée du papier de ciment pour servir la viande grillée dans les dibiteries. Ce matériau, détourné de son usage industriel, contient des substances chimiques nocives susceptibles de migrer vers les aliments au contact de la chaleur et des graisses. Selon les informations relayées par nos confrères d’IGFM, cette pratique expose directement les consommateurs à des risques d’intoxication lente.
Interrogés sur cette habitude, les propriétaires de grilladeries ne nient pas la dangerosité du procédé. Ils affirment être conscients des risques que ce type d’emballage fait peser sur la santé publique. Toutefois, leur ligne de défense repose sur un manque de communication institutionnelle : ces professionnels soutiennent ne pas avoir bénéficié de campagnes de sensibilisation suffisantes pour opérer une transition vers des normes plus sûres.
Des alternatives conformes aux normes d’hygiène existent pourtant sur le marché. L’usage de papiers alimentaires certifiés, de contenants en carton ou de sachets kraft biodégradables permettrait d’éliminer ce risque sanitaire. Pour franchir ce pas, les tenanciers sollicitent désormais l’appui des autorités compétentes afin de faciliter l’accès à ces solutions et d’abandonner définitivement le papier de ciment au profit de matériaux conçus pour le contact alimentaire.