À huit semaines des élections législatives hongroises, le Premier ministre Viktor Orban a prononcé son discours annuel sur l’état de la nation dans un contexte politique inhabituel pour son camp. Alors que les sondages placent pour la première fois son parti en difficulté, le dirigeant nationaliste a profité de cette tribune pour redéfinir les enjeux sécuritaires du pays, minimisant le risque russe pour mieux cibler une institution qu’il considère comme une menace existentielle.
Selon nos informations, rapportées par Al Jazeera, Viktor Orban a rejeté samedi les inquiétudes occidentales concernant le président russe, qualifiant la peur à l’égard de Vladimir Poutine de « primitive et peu sérieuse ». Pour le dirigeant de 62 ans, le véritable péril pour la souveraineté hongroise se situe à l’Ouest : « Bruxelles est une réalité palpable et une source de danger imminent ».
Cette déclaration marque une nouvelle escalade dans la rhétorique du Premier ministre, qui a comparé l’Union européenne au régime soviétique ayant dominé la Hongrie au siècle dernier. Il a promis à ses partisans d’éliminer « l’influence étrangère qui limite notre souveraineté ainsi que ses agents », promettant de démanteler ce qu’il qualifie de machinerie oppressive de l’UE avant le scrutin.
Un contexte électoral sous tension
Cette offensive verbale intervient alors que le Fidesz, parti au pouvoir, accuse un retard de 8 à 12 points dans les intentions de vote face au parti d’opposition Tisza, dirigé par Peter Magyar. Viktor Orban tente de polariser l’élection du 12 avril en la présentant comme un choix binaire entre « la guerre ou la paix », accusant ses adversaires de vouloir entraîner le pays dans le conflit ukrainien.
Le Premier ministre a intensifié ses attaques contre Peter Magyar, le qualifiant de « marionnette de Bruxelles » à travers une campagne d’affichage suggérant que l’opposition céderait aux demandes financières de la Commission européenne pour l’Ukraine.
L’appui stratégique de Washington
Dans sa lutte contre les « forces libérales », Viktor Orban s’appuie sur le soutien explicite de l’administration américaine. Le président Donald Trump a récemment réitéré son appui sur la plateforme Truth Social, décrivant le dirigeant hongrois comme un « leader fort et puissant avec un bilan prouvé ».
Lors de son discours, Viktor Orban a souligné cette convergence, estimant que la rébellion de Donald Trump contre les réseaux politiques et médiatiques mondiaux améliorait les chances de son propre camp. Cette alliance politique doit se matérialiser ce dimanche par la visite en Hongrie du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, en provenance de la Conférence de Munich sur la sécurité.
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