14 points : c’est le cadre du dernier projet de cessez-le-feu transmis par Washington à l’Iran, alors même que les deux camps ont encore échangé des tirs jeudi dans le détroit d’Ormuz. Téhéran dit examiner le texte, sans avoir formellement répondu à ce stade.
Le document évoqué dans les médias américains prévoit que l’Iran renonce à développer une arme nucléaire, suspende tout enrichissement d’uranium pendant au moins 12 ans et remette un stock estimé à 440 kg d’uranium enrichi à 60 %. En contrepartie, les États-Unis lèveraient progressivement des sanctions, débloqueraient des milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés et retireraient leur blocus naval des ports iraniens. Les deux parties rouvriraient aussi le détroit d’Ormuz dans les 30 jours suivant la signature.
Cette proposition américaine suit une autre offre iranienne transmise une semaine plus tôt par le Pakistan, médiateur entre les deux pays. Téhéran y mettait l’accent sur une fin durable de la guerre plutôt que sur une simple prolongation de la trêve, avec l’exigence de régler l’ensemble des points en 30 jours. L’Iran demandait aussi des garanties contre de nouvelles attaques, le retrait des forces américaines autour de son territoire, la libération d’avoirs gelés, la levée des sanctions, des réparations de guerre, la fin des hostilités y compris au Liban et un nouveau mécanisme pour le détroit d’Ormuz.
Les responsables iraniens ont toutefois déjà marqué leur distance avec le dernier texte américain. Le député Ebrahim Rezaei l’a décrit cette semaine comme « davantage une liste de souhaits américaine qu’une réalité ». Le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lui ironisé en anglais sur les réseaux sociaux en écrivant : « Operation Trust Me Bro failed ».
Le décalage entre l’idée d’un cessez-le-feu toujours en place depuis le 8 avril et les affrontements de jeudi ressort aussi du récit des deux camps. L’Iran affirme que les forces américaines ont visé un pétrolier iranien dans des eaux côtières, un second navire près du port de Fujairah aux Émirats arabes unis, ainsi que des zones civiles à Bandar Khamir, Sirik et sur l’île de Qeshm. Washington soutient de son côté que ses forces navales ont essuyé des attaques iraniennes par missiles, drones et vedettes rapides dans le détroit d’Ormuz, avant de dire avoir neutralisé des menaces entrantes et visé des installations militaires iraniennes.
Depuis Téhéran, Al Jazeera a rapporté par la voix de Resul Serdar Atas qu’un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères assurait que la proposition américaine était toujours en cours d’examen, malgré des informations non confirmées sur une réponse déjà attendue par les médiateurs pakistanais. Le même correspondant a ajouté que, côté iranien, plusieurs demandes américaines sont jugées déraisonnables, irréalistes et maximalistes, avec « un énorme fossé » entre les positions des deux parties.
Sur le dossier nucléaire, d’autres éléments de la source montrent cette ligne dure iranienne. L’Iran disposerait d’environ 440 kg d’uranium enrichi à 60 %, alors que le seuil de 90 % est présenté comme nécessaire pour produire une arme nucléaire. Des analystes cités estiment que Téhéran pourrait faire preuve de davantage de souplesse après la fin du conflit, mais des correspondants d’Al Jazeera à Téhéran disent qu’à ce stade, l’Iran ne négocie pas son programme nucléaire et veut d’abord obtenir la fin de la guerre et la levée des sanctions. Le contenu de cet article est adapté d’informations publiées par Al Jazeera.
