Le cas pris en charge aux Pays-Bas ne renvoie pas, à ce stade, au scénario d’une transmission facile comme celle du Covid : c’est au contraire sur cette différence que s’est appuyée la cheffe de l’unité néerlandaise qui traite l’un des patients du navire de croisière MV Hondius, tout en affirmant que son service peut en accueillir d’autres si nécessaire.
Interrogée sur la crainte de voir le hantavirus devenir « le nouveau Covid », Karin Ellen Veldkamp, responsable des maladies infectieuses au Leiden University Medical Centre, a répondu que ce n’était pas le cas. Elle a expliqué que le virus ne se transmet pas facilement d’une personne à l’autre. Cette transmission interhumaine est, a-t-elle dit, possible, et elle soupçonne qu’elle a pu se produire à bord du bateau, mais dans des conditions bien plus difficiles que pour le Covid.
Le contraste qu’elle décrit est donc double : d’un côté, un virus pour lequel une transmission entre personnes reste envisageable sur le MV Hondius ; de l’autre, un niveau de contagiosité qu’elle présente comme nettement inférieur à celui observé avec le Covid. Dans cet entretien relayé par Insider Paper, la médecin a aussi précisé que son unité était prête à recevoir davantage de patients si cela devenait nécessaire.
Karin Ellen Veldkamp n’a pas donné de détails précis sur le patient arrivé à l’hôpital mercredi soir, mais elle a assuré que l’établissement était bien équipé pour ce type de prise en charge. Les patients sont placés dans une chambre d’isolement, suivis par un personnel formé, avec des protocoles stricts de contrôle des maladies. Elle a insisté sur le fait que son équipe entre bien dans la chambre d’isolement pour soigner le patient, en s’appuyant sur une formation qui permet de le faire en sécurité.
Elle a également décrit la durée de l’isolement telle qu’elle est appliquée de manière générale : les patients restent isolés tant qu’ils présentent des symptômes. Lorsqu’ils vont mieux, ils sont testés et, si le résultat est négatif, l’isolement peut être levé. La médecin a ajouté qu’on ne sait pas exactement combien de temps une personne peut porter le virus, mais que son équipe part du principe qu’une personne qui se sent mieux n’est plus contagieuse.
Le centre de Leiden est habitué à traiter des patients atteints de maladies transmissibles comparables, a encore indiqué Karin Ellen Veldkamp, en ajoutant que d’autres places étaient disponibles en cas de flambée. Elle a précisé que plusieurs hôpitaux aux Pays-Bas pouvaient aussi prendre ce type de cas afin de répartir la charge, dans des propos recueillis par AFP et repris en clôture par Insider Paper.