Iran : les vols reprennent à Téhéran et le niveau réel du trafic reste loin d’avant-guerre

En Iran, les vols commerciaux reprennent progressivement à l’aéroport international Imam Khomeini de Téhéran, principal hub aérien du pays, après plusieurs semaines d’interruption. La réouverture intervient après environ 58 jours de suspension liés au déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, selon les autorités iraniennes.

D’après Al Jazeera, le trafic a redémarré graduellement à partir du 25 avril, avec des liaisons assurées vers 15 destinations par huit compagnies iraniennes. Parmi les villes et pays desservis figurent Médine, Istanbul, Mascate, ainsi que la Chine et la Russie. Le volume des vols reste toutefois bien inférieur à celui d’avant-guerre.

Avant le conflit, l’aéroport enregistrait en moyenne 150 vols par jour. Les terminaux, d’abord bondés puis quasiment vides après la fermeture de l’espace aérien iranien, recommencent à accueillir des passagers. Pendant des semaines, cette suspension a bloqué de nombreux voyageurs, perturbé des activités économiques et séparé des familles. Une passagère, identifiée comme Maryam, a indiqué à Al Jazeera avoir finalement trouvé un billet sur une compagnie iranienne pour rejoindre le Canada, avec une escale prolongée en Arménie.

Le directeur général d’Imam Khomeini Airport City, Ramin Kashef Azar, a déclaré à Al Jazeera que le retour des compagnies étrangères dépendra de la stabilité politique et de leurs propres évaluations des risques. Selon l’Organisation iranienne de l’aviation civile, 20 avions ont été détruits et ne sont plus opérationnels. Les infrastructures aéroportuaires, elles, n’ont pas été endommagées et sont prêtes à environ 95 %.

La reprise s’inscrit dans une réouverture plus large de l’espace aérien iranien, amorcée le 19 avril en quatre phases : vols de transit, puis vols domestiques, avant un retour complet des opérations dans les aéroports internationaux. Mais plusieurs plateformes ont été visées pendant la guerre. Outre Mehrabad à Téhéran, des aéroports de Kashan, Tabriz, Ahvaz, Mashhad, Khoy et Urmia ont également été touchés, avec des appareils civils endommagés.

Le conflit a aussi affecté d’autres secteurs liés au transport aérien. Un guide touristique, Babak, a affirmé avoir perdu son emploi, comme plusieurs collègues, faute de circuits entrants et sortants durant la suspension des vols. Un agent de voyages, Bijan, a indiqué que la période de Nowruz, habituellement marquée par une forte activité, a été fortement perturbée, affectant les circuits, les vols charter et les réservations hôtelières. Il a précisé que son agence traite encore des remboursements et a réduit ses effectifs de 20 à 2 salariés.

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