Brésil et UE : l’accord avec le Mercosur entre en vigueur, malgré le recours qui peut l’arrêter

L’accord commercial entre l’Union européenne et le bloc sud-américain Mercosur est entré en vigueur à titre provisoire ce vendredi, après 25 ans de négociations. Ce texte, signé en janvier, ouvre un vaste espace d’échanges entre deux ensembles qui représentent plus de 700 millions de consommateurs.

D’après Al Jazeera, cette mise en application provisoire intervient dans un contexte de tensions autour des droits de douane et d’incertitudes sur la coopération commerciale mondiale. L’accord crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec une valeur estimée à 22 000 milliards de dollars.

Le traité reste toutefois contesté au sein de l’Union européenne. Il n’est appliqué que de façon provisoire en raison d’un recours devant la justice européenne, qui examine la décision de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de mettre le texte en œuvre sans passer par le Parlement européen. Si l’instance européenne tranche contre cette procédure, l’accord sera suspendu.

Sur le fond, le texte prévoit la suppression des droits de douane sur plus de 90 % des échanges bilatéraux. Il doit favoriser les exportations européennes de voitures, de vin et de fromage, tout en facilitant l’accès au marché européen pour le bœuf, la volaille, le sucre, le riz, le miel et le soja en provenance d’Amérique du Sud. Ursula von der Leyen a déclaré jeudi que cet accord constitue une bonne nouvelle pour les entreprises, les consommateurs et les agriculteurs européens, avec une protection maintenue pour les secteurs jugés sensibles.

Une visioconférence devait réunir ce vendredi les dirigeants des pays du Mercosur, à savoir le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay, afin de marquer cette étape. Plus tôt dans la semaine, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, présenté comme l’un des principaux soutiens de l’accord, a signé un décret validant le texte dans son pays.

Selon les propos rapportés dans le cadre de cette cérémonie à Brasilia, Lula a présenté cet accord comme une réponse aux droits de douane unilatéraux imposés l’an dernier par le président américain Donald Trump, ainsi qu’une réaffirmation du multilatéralisme. Le texte continue cependant de susciter des oppositions. Des agriculteurs et des organisations environnementales dénoncent le risque d’une hausse des importations sud-américaines à bas coût et d’une aggravation de la déforestation. En janvier, des milliers d’agriculteurs irlandais avaient manifesté contre l’accord. Des entreprises du Mercosur ont aussi fait part de leurs inquiétudes face à la concurrence européenne dans les secteurs de haute technologie.

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