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Pape Diop :  » La traque des biens supposés mal acquis a plombé l’économie de notre pays »

2014-08-24T11:20:15+00:00 Partages

Dans une interview qu’il accordé au quotidien l’AS, Pape Diop est revenu sur beaucoup de sujets. Il a abordé l’actualité politique avec notamment la crise universitaire. Il a parlé de Idrissa Seck, d’Abdoulaye Wade, de Macky Sall, de son implication dans le montage de la chaîne Canal Info News. Sur la traque des biens supposés mal acquis Pape Diop a aussi  son idée. Selon lui tout ce tintamarre autour de la question fait fuir les éventuels investisseurs. Le Sénégal ne gagne rien avec ces procès au contraire ajoute t-il cela ne fait que plomber l’économie de ce pays. Voici l’intégralité de l’interview.

 En 2012, vous aviez perdu votre fief de gueule tapée. Vous l’avez perdu lors des dernières locales également. qu’est-ce qui peut expliquer cela ? 
  
Pape Diop : Vous savez, les élections ont été très mal abordées par notre formation politique et par moi-même. Nous avions sous- estimé le travail fait par les autres, principalement dans ma commune. Parce que je ne pensais jamais qu’une formation politique ou un parti était en mesure de gagner ces élections. Malheureusement, ça a été ainsi. Les problèmes qu’on peut évoquer sont de plusieurs ordres : d’abord il y a la dualité qui avait été installée entre Khalifa Sall et Mimi Touré. Parce que les Dakarois avaient déjà décidé de soutenir Khalifa Sall face à Mimi Touré. Aujourd’hui, j’ai l’impression que les gens ne sont pas prêts à avaler n’importe quelle couleuvre et à accorder leur confiance à n’importe quelle personne qui débarque dans une localité. Cela a été d’un apport très favorable à Khalifa Sall dans la ville de Dakar et cela s’est déteint sur notre commune de Gueule Tapée. Mais il y a un autre fait que l’on peut évoquer, ce sont les coalitions que nous avons nouées dans les différentes communes de Dakar. Nous n’avons pas assez communiqué sur le nom de ces coalitions, de telle sorte que le jour du scrutin, les gens qui voulaient voter pour nous étaient perdus. Tout le monde s’attendait à voir des bulletins Bokk Gis Gis partout. Malheureusement, d’une commune à une autre, les noms des coalitions sont différents. Il y avait plus de dix coalitions dans ma circonscription, ce sont des raisons comme ça qui nous ont handicapés à Dakar. Mais si nous tenons compte du suffrage exprimé, notre parti a fait un bond important par rapport à 2012. 
  
Au plan global, vous voulez dire… ? 
  
Oui, même dans ma commune. Nous avons fait un score très honorable, parce que nous avons augmenté de plus de 1000 voix notre électorat, là où Serigne Mansour Sy a perdu près de 1000 voix dans la même commune. Ce qu’il faut signaler par contre, c’est que si on regarde le score de Khalifa Sall et de Benno Bokk Yakaar, c’est à peu près le même score par rapport à 2012. Ils se sont partagé les voix à près de dix ou cent voix de différence. La seule formation qui a augmenté son score, c’est nous. 
  
Mais vous avez perdu de grands responsables par rapport à 2012. est-ce que cela ne s’est pas fait ressentir dans votre résultat global ? 
  
Nous n’avons pas perdu de grands responsables. Ce qu’il y a c’est qu’en 2012, nous sommes partis sur la base d’une coalition, un regroupement de grands responsables. Et après les élections, beaucoup  parmi ces responsables ont estimé devoir arrêter ou geler leurs activités, sauf Thierno Lô qui est parti par la suite. Mais si nous regardons les résultats, nous avions obtenu 143.000 voix au niveau national. Cette fois-ci nos suffrages se chiffrent à 196.000 voix, compte non tenu des alliances que nous avons nouées par-ci et par-là. 
  
Allez-vous être candidat à la prochaine présidentielle ? 
  
Si ma formation politique me propose, je serai candidat en 2017 inchallah. 
  
Il y a déjà un jeu d’alliance autour de idrissa seck avec la ca2017 et le front républicain initié par abdoulaye wade. Qui allez-vous rejoindre ? 
  
Tous les deux m’ont contacté, mais j’ai estimé que chaque chose a son temps. Pour moi, il y a d’autres urgences devant nous. Nous allons nous atteler à cela parce que nous allons mettre en place des commissions de placement de cartes et les structures de notre parti. Maintenant sur les alliances également, les instances du parti vont discuter. Le moment venu, nous prendrons la décision la meilleure pour notre parti. Vous savez, moi  je suis du Pds (il insiste). J’étais du Pds, donc les affinités sont là. On verra le moment venu. Mais aujourd’hui, je suis plus près de l’alliance qui est autour du Président Wade, mais aucune décision n’est encore prise. C’est le parti qui décidera de manière souveraine. Je ne peux prendre une décision en tant que président. Pour l’instant, j’ai d’autres urgences devant moi : installer un parti fort à travers le Sénégal. Ainsi, aussitôt après les vacances, je reprendrai mes tournées. J’ai déjà identifié les zones où aller. 
  
Comment jugez-vous la situation du pays depuis l’arrivée de macky sall au pouvoir ? 
  
Aujourd’hui, tout le monde sait que rien ne marche. Mais personne ne peut donner l’explication. On paye les salaires, c’est vrai, mais malgré tout, ça ne marche pas. Il y a une crise de confiance entre le secteur privé national et les tenants du pouvoir. J’ai l’impression que tout le monde attend de voir ce qui va se passer. C’est cette crise-là qui fait que depuis l’arrivée du Président Macky Sall, il n’ya pas eu d’investissements privés dans notre pays. Que ce soit du privé national ou du privé étranger, il n’y a pas eu d’investissement. Un pays ne peut pas marcher comme ça. Si un pays arrive à cette situation, son économie stagne. Malheureusement, j’ai l’impression que ceux qui nous gouvernent n’ont pas conscience de cette situation vécue par nos concitoyens. Tout le monde dit que c’est difficile, mais quand on les entend parler dans les médiats, on a l’impression que tout baigne. Quand on est en face des gens qui ne sont pas conscients de cela, il n’y a pas de solutions en perspective. 
  
C’est quoi alors la voie du salut pour le sénégal ? 
  
Pour sortir les Sénégalais des difficultés, il faut un changement de cap qui conduirait à un dialogue national. 
  
Parlant de la promesse du président de réduire son mandat à 7 ans, certains pensent qu’un référendum est très onéreux et qu’il est plus sage de passer par la voie parlementaire. 
  
La démocratie a un coût. On ne peut pas se réfugier derrière les dépenses qui vont être occasionnées par un référendum pour opter pour la voie parlementaire. Moi j’ai des craintes. Je suis presque sûr que si elle est envoyée à l’Assemblée, les députés ne vont pas la voter positivement. J’estime que la voie référendaire est la meilleure voie pour lui et pour les Sénégalais.
  
Peut-être un changement d’homme à la tête du pays… ? 
  
Non je ne peux pas le dire comme ça maintenant, parce je suis un démocrate et Macky Sall a été élu démocratiquement pour cinq ans, d’après sa promesse. On attend d’ailleurs qu’il réalise cette promesse. Mais de toutes les façons en 2017 qu’il la réalise ou pas, les élections législatives vont le chasser du pouvoir. Donc ce n’est pas un problème pour nous. Maintenant, je pense que c’est lui qui peut estimer devoir changer d’équipe et d’hommes dans son attelage, parce que c’est lui qui a une position qui lui donne une vue de la situation. 
  
Le président sall accuse «des opposants tapis dans l’ombre» d’attiser le feu à l’ucad. qu’en pensez-vous ? 
  
Le Président Macky Sall est passé à côté de la plaque, parce que cette situation était latente. C’est une situation qui découle du non payement des bourses. Cette tension était visible au niveau de l’université de Dakar. Parce que des étudiants qui restent pendant presque un an sans toucher leurs bourses, ça peut amener des troubles. Maintenant au lieu de trouver des solutions à ce problème, il fait des menaces. Ce qui s’est passé est de la seule responsabilité du gouvernement. Il n’y a pas d’autres responsables. Il faut régler les problèmes des étudiants. Ce sont des problèmes de bourse, de restauration etc. 
  
Pensez-vous que c’est opportun de démettre les ministres de l’intérieur et celui de l’enseignement supérieur tel que réclamé par les étudiants et les syndicalistes ? 
  
En tout cas ce que j’ai remarqué c’est que le ministre de l’Enseignement supérieur a trop de problèmes avec les étudiants. Depuis son arrivée, les problèmes n’ont pas cessé. Chaque semaine il y a des problèmes. Pour apaiser la situation, Macky Sall doit le changer. 
  
Vous avez été cité dans le cas karim wade, depuis lors rien. que s’est-il passé ? 
  
Disons que je suis impliqué comme témoin. Je suis témoin dans la mesure où j’ai été entendu à titre de témoin devant la Commission d’instruction de la Crei. C’est relativement à la  création de Canal infos et j’ai dit ce que j’en sais. On nous a convoqué à nouveau. Et devant le tribunal je le réitérerai. 
  
Canal infos appartient-elle à karim wade ? 
  
On l’impute à Karim Wade, mais moi à l’époque, c’est le Président Wade qui m’avait demandé, en tant que trésorier du Parti, d’aider les «deux jeunes-là». Je ne connaissais même pas Vieux Aïdara, disons je le connaissais de loin. Par contre, je connaissais Cheikh Tidiane Ndiaye, un garçon charmant qui avait fait un film sur moi. Il avait aussi fait un film sur le Président Wade. Lors de la projection de ce film au palais, il y avait le Président Wade, son épouse Viviane, moi-même, le ministre d’Etat Cheikh Tidiane Sy et une cinquième personne. C’est au terme de la projection que le Président m’a dit : «ces jeunes-là veulent monter une télévision. Il faut leur donner 50 millions». Ils sont venus chez moi à la Vdn et je leur ai remis l’argent. Cet argent devrait d’ailleurs leur permettre de racheter la fréquence de canal infos qui appartenait à Canal horizon. Parce que ce n’est pas l’Etat qui a donné une autorisation. Cette fréquence appartenait à c-Canal horizon. En dehors de ces deux jeunes, le Président Wade a aidé pas mal de jeunes ; pas par la voie officielle, mais par lui-même. Je connais beaucoup de jeunes qu’il a aidés et qui sont dans les affaires maintenant. Je ne peux pas citer de noms. 
  
Dans le cadre de la traque des biens mal acquis, vous avez été entendu une fois, depuis lors rien ne bouge… 
  
C’est vrai, j’ai été entendu sur mes biens, mais depuis lors il n’y a pas eu suite pour l’instant. Chose étonnante, une rumeur avait été distillée faisant croire que Pape Diop a donné deux milliards pour échapper à la justice. J’avais poursuivi le journaliste qui s’était rétracté (rire). Je crois que c’était distillé par des gens de manière intelligente. Parce que je ne crois pas qu’on puisse accuser le Président d’être corrompu par quelqu’un et que cette personne ne soit pas entendue. Je m’attendais à ce que le procureur s’autosaisisse, en vain. Je m’attendais à une réaction de l’Apr ou de la Présidence, parce c’est grave qu’on accuse le chef de l’Etat de corruption. C’est pourquoi j’ai porté plainte. 
  
De manière générale êtes-vous pour la poursuite de la traque des biens mal acquis ? 
Mais cela a plombé complètement l’économie de notre pays. Les étrangers ne veulent plus venir et ceux qui sont là ont gardé leur argent. Ça a plombé complètement notre pays. Je crois qu’on devrait peser le pour et le contre. Qu’estce que le Sénégal gagne avec ça et qu’est-ce qu’il gagne s’il abandonne la traque ? C’est ce qu’il faut faire. 
  
Quid de la reddition des comptes ? 
  
Oui (rire) d’accord, il faut faire la reddition des comptes. Mais la faire d’une autre manière. Pas par le bais de la Crei. Il y a d’autres  canaux qu’on peut emprunter pour faire la reddition des comptes. Il faut mettre en place un système qui sévira en cas de manquement. En tout cas, ça a plombé l’économie nationale.

L’AS

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