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« L’impéritie étatique du président Macky Sall* », Par Daouda Ndiaye

« La menace principale qui pèse sur nos démocraties réside dans leur incapacité à justifier de façon forte leur propre politique » (Luc Ferry).

1. « Une société qui ne se pense pas ne peut que s’enfoncer dans la décadence, lentement ou brutalement » (Alain Touraine). Le président Macky Sall a été élu, entre autres, pour réformer, développer et surtout, préserver les intérêts du pays. Ses faits, actes et réalisations, constatés sont très en deçà, de ce nous étions en droit d’exiger de lui, depuis qu’il est aux affaires. Par contre, à notre plus grand regret, il excelle dans l’encouragement de la transhumance politique ou, dans les nominations politiques (Madame Awa Ndiaye « kuddu » sera de notre avis). De plus, après avoir sciemment œuvré à rendre la situation politique et, sociale délétère, il a enfin décidé de se muer en rassembleur en conviant les sommités de la Nation à un « dialogue national » le 28 mai 2016. Revirement ou, attitude s’inscrivant simplement dans un processus de rattrapage ou, de correction de sa perte de vitesse, dans l’opinion publique.

2. Depuis son élection, le président Macky Sall est resté constant dans son impuissance, à résoudre nos moindres problèmes et, son gouvernement est, en perpétuel tâtonnement, avec des investissements hasardeux et, non productifs ; un taux de chômage en augmentation continue ; une dette publique (intérieure ou extérieure) qui ne cesse de se creuser ; une sécurité (sur les personnes et les biens) très défaillante. Face à une telle situation, le peuple résigné endure par fatalisme. Aussi, aucune réforme majeure, nécessaire au développement du pays, n’a été entreprise ou mise en œuvre. De plus, avec le financement du PSE (Plan Sénégal Emergent), ou plutôt du Programme Sans Espoir (PSE), le pays est pour longtemps sous la tutelle de bailleurs étrangers.

3. « L’émergence économique », ce néologisme dans le vocabulaire des acteurs politiques de la majorité, reste à présent, un slogan de marketing politique. Car, elle (l’émergence économique) ne se décrète pas et, doit être, par exemple, murement réfléchie, pensée, étudiée analysée et programmée, de manière endogène. De plus, elle est consubstantielle d’efforts consentis ou, à consentir et d’actes ou, d’investissements réellement productifs, ce qui n’est point le cas de la politique menée par le gouvernement. Il est aussi, à constater que, la politique actuellement engagée par l’exécutif, notamment, sur le plan social ou, économique ou sur la réforme nécessaire de l’Etat, est aux antipodes, des actions devant permettre de parvenir à un tel résultat. Pour causes, le travail de mise en action et de réalisation d’un tel projet, de son suivi et, de sa pérennisation dans des pays comme le Brésil ou l’Inde, pour arriver à ce niveau, confirme notre affirmation.

4. Sauf à céder aux exigences, de lobbyistes ne défendant que des intérêts privés, comment le Chef de l’Etat a-t-il pu signer les Accords de Partenariat Économique (APE), dans leur rédaction actuelle ? De notre point de vue, si toutefois, ces accords venaient à être ratifiés en l’état, nous aurons hypothéqué, par exemple, toute politique agraire d’autosuffisance alimentaire. Tout comme, ce sera la mort programmée de notre agriculture, élevage, industrie et, une inévitable augmentation du chômage, ce qui va accroître l’insécurité économique et sociale, dans le pays. Pourtant, ces accords sont en discussion depuis fort longtemps, l’ancien président Abdoulaye Wade les aurait paraphés sans hésitation, s’il avait pensé que notre pays y trouvait son compte.

5. Le président de la République a été élu, notamment, pour développer le pays, à défaut, préserver au moins ses intérêts, toutes les fois, que cela est en cause. En signant les APE et, en voulant les faire ratifier par l’Assemblée Nationale, son attitude participe de la violation de la mission, confiée par la majorité du peuple. Et, dès lors que sa seule préoccupation est l’intérêt général, les remarques ou constatations d’Idrissa Seck, sur les conséquences des Accords de Partenariat Économique, sur notre économie, ne méritaient-elles pas une analyse plus approfondie, de la part de Macky Sall et, de ses partisans qu’un rejet par pur sectarisme idéologique ?

6. « La pire erreur n’est pas dans l’échec mais dans l’incapacité de dominer l’échec » (François Mitterrand). Tout Etat se doit, au minimum, de définir un cap clair ou, une orientation réalisable et, veiller à son respect et application. Ainsi, lorsque les actes posés, par le pouvoir politique, ne peuvent produire d’effets positivement ressentis par la population. Ou lorsque le gouvernement est dans une position très attentiste voire dans une passivité totale, en ne posant pas d’actes, une telle attitude conduit, fatalement au déclinisme social, politique, culturel et, économique.

7. L’espoir ou l’avenir de toute société normalement constituée repose sur sa jeunesse, d’où des actions pour les préparer, entre autres, sur le plan culturel, social, intellectuel, politique, sportif ou des affaires. « Il faut que jeunesse s’amuse » (Balzac), nous sommes aussi conscients que le divertissement est un facteur nécessaire au développement et, à l’épanouissement de l’individu. Toutefois, à notre avis, l’absence d’action politique, exclusivement, orientée vers elle (la jeunesse) ne peut conduire qu’à la stagnation, à la décadence et au déclin du pays. De même, participe de cela, si à leur égard, la politique gouvernementale les encourage ou les oriente implicitement, vers la musique, la danse ou, la lutte.

8. « Le choix en politique n’est pas entre le bien et le mal, mais entre le préférable et la détestable » (Raymon Aron). Même élu par défaut, républicains, démocrates et légalistes, nous nous réjouissons de l’élection du président Macky Sall, puisque nous l’avons confortablement porté à la tête de l’Etat. Donc, nonobstant sa notoire inertie à résoudre nos difficultés ou, à poser des actes pour sortir le pays de sa profonde léthargie, nous devons encore patienter, au plus trois ans, son successeur qui aura à mettre de l’ordre et, à mettre en œuvre une autre politique plus audacieuse. En espérant, que les conséquences de son impéritie (sociale, politique, économique…), puisse être restaurée sans trop de dommages pour les populations, par le prochain Chef de l’Etat.

Daouda N’DIAYE
Juriste/Analyste politique
* Article dédié à Kalifa CAMARA

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Un commentaire

  • thiello
    31/05/2016 19:01

    un sngalais bon teint qui ne trouve son inspiration qu a travers les citations des pires ennemis de notre conomie. Pourrait il lui aussi redresser la gouvernance tant dcrie?

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