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La mosquée de Finsbury Park au Royaume-Uni est-elle victime de son passé ?

2017-06-20T19:24:22+00:0011 Partages

Longtemps réputée pour son orientation extrémiste, la mosquée de Finsbury Park s’est transformée en un lieu de culte modèle. Mais certains préfèrent ressasser le passé, regrette la presse britannique.
Au lendemain de l’attentat contre la mosquée de Finsbury Park dans le nord de Londres, qui a fait 1 mort et 12 blessés, “de nombreuses personnes se souviennent surtout du passé sulfureux de la mosquée”, regrette Adam Lusher dans The Independent. En effet, c’est là où Richard Reid – le Britannique qui a tenté de faire exploser un avion en 2001 – s’est radicalisé, ainsi que Zacarias Moussaoui, l’un des terroristes qui ont préparé les attentats du 11 septembre 2001.

Mais avant tout, la mosquée a été associée à Abu Hamza, un imam qui prêchait un djihadisme violent. Après son arrestation en 2004 et son extradition vers les États-Unis, où il purge une peine à perpétuité, la mosquée a cependant complètement “tourné cette page”, note le journaliste :

« La mosquée est utilisée par Jeremy Corbyn [en tant qu’élu travailliste de la circonscription d’Islington North] comme permanence pour accueillir des électeurs, elle a été plusieurs fois récompensée localement, et elle a reçu le prestigieux label Visible Quality Mark [pour son travail communautaire].”
Néanmoins, “certains tiennent à évoquer” les heures sombres de la mosquée afin d’attiser les divisions, regrette le journaliste. En premier lieu : Tommy Robinson, fondateur du parti d’extrême droite English Defense League [Ligue de défense anglaise]. M. Robinson “a estimé judicieux de rappeler à ses 304 000 followers sur Twitter que ‘depuis longtemps, la mosquée fabrique des terroristes et des djihadistes, et promeut la haine et la ségrégation’”.
“Le message subliminal de cet islamophobe notoire est clair : selon lui, la mosquée l’a bien mérité, regrette aussi Piers Morgan dans The Daily Mail. Non seulement ces propos sont extrêmement blessants, mais ils sont aussi erronés”, souligne le journaliste. Depuis le départ d’Abu Hamza, ce lieu de culte a été “transformé en une mosquée communautaire exemplaire qui véhicule un message de paix”.

Un acte de “vengeance” tordu

De plus, “l’attentat à Finsbury Park était le moment que beaucoup d’entre nous redoutaient : le moment où des extrémistes anti-islam commettraient des actes de ‘vengeance’ tordus contre nos compatriotes innocents”. C’est du pain bénit pour Daech, poursuit Piers Morgan :

« L’auteur de l’attentat a offert à Daech le plus beau cadeau possible : l’image d’une société occidentale qui semble être en guerre avec elle-même à cause de l’islam. Mais le Royaume-Uni n’est pas en guerre avec les musulmans, il est en guerre avec les terroristes islamistes qui détournent l’islam pour justifier leurs atrocités. Cette distinction a échappé au terroriste de Finsbury Park, mais elle ne doit pas nous échapper à nous.
Tout comme les terroristes islamistes, l’auteur de l’attentat à Finsbury Park s’était radicalisé, rappelle Nesrine Malik, une commentatrice dans The Guardian :
« Il faut cesser de considérer ceux qui attaquent les musulmans comme des individus déséquilibrés : ils sont le produit d’un climat qui incite et normalise leur haine islamophobe”
Intolérance sélective

Mais on a encore du mal “à reconnaître” que ce climat existe au Royaume-Uni, regrette Mme Malik. Pourtant, “l’islamophobie, elle aussi, a ses prêcheurs” : elle est encouragée par certains discours tenus par la presse tabloïd, mais aussi par des hommes et des femmes politiques. Dans ce contexte, elle salue les propos de Theresa May après l’attaque. La Première ministre a rappelé que l’islamophobie “est tout aussi destructive pour nos valeurs et notre mode de vie” que toute autre forme d’extrémisme. Ces paroles “sont un bon début, mais elles ne mèneront à rien si notre intolérance à l’égard des propos haineux continue d’être sélective”.

The Guardian souligne par ailleurs que l’attentat n’a pas réellement eu lieu devant la mosquée de Finsbury Park, mais devant celle du Muslim Welfare House, située à 200 mètres. Ce lieu de prière “est beaucoup plus qu’une mosquée”, rappelle le journal. Gérée par une association caritative, elle propose toutes sortes d’activités : un accueil pour des enfants après l’école, des cours de langue, des conseils éducatifs, des stages de méditation… et un accompagnement aux personnes en difficulté.

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