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A propos du livre d’Hela Ouardi, « Les derniers jours du Prophète »

2016-04-05T11:43:10+00:00 Partages
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L’on vient d’interdire la vente du livre d’Hela OUARDI sur le territoire du Sénégal à la suite d’une protestation d’organisations islamiques. Je crois qu’il y a une exagération de la part de l’auteure qui a fait des commentaires blessantes sur des faits historiques avérés et connus de tous. Ce n’est donc pas la restitution des faits qui sont causes de la colère des gens. Car ces faits sont avérés et connus de tout le monde, décrits dans tous les livres qui relatent la Sîra. Le fait que le Prophète n’a eu de sépulture que trois jours après son décès, le fait que ce sont les membres de sa famille qui se sont occupés de ses obsèques alors que les deux premiers califes et les ançars et autres s’occupaient de sa succession à la tête de la communauté, tout cela est connu. Mais lorsque l’auteure parle du Prophète qui « pourrit », de son corps « en état de putréfaction’ » c’est une provocation inutile, qui n’apporte rien au débat si ce n’est de le crisper.

Qui de nous ne voudrait pas qu’on couvre de respect son père dans de telles conditions? Qui de nous ne souhaiterait pas que la mémoire de son proche ne soit pas flétrie ? Même si ce que prétend OUARDI était vrai, dans le contexte actuel qu’est-ce que cela apporte à la science? A fortiori quand il s’agit d’une simple hypothèse, d’une déduction personnelle de l’auteure, sans vérification aucune, sur la personne d’un personnage entouré de tant de déférence. Beaucoup d’autres commentaires d’une liberté vraiment ahurissante, venant d’un professeur d’université, sont éparpillés dans le texte d’après l’interview que l’auteure elle-même a accordée au journal le Point. Elle y évoque une hypothétique abus de faiblesse, un manque de confiance des musulmans à l’endroit du Prophete, qui aurait perdu son autorité sur ces derniers, une installation de l’Etat islamique dans le sang par Abu Bakr, etc. Des thèses qui sont proches de celles du shî’isme qu’il serait judicieux d’appréhender avec la plus grande précaution.

Ceci dit, mon souhait est que l’on soit plus serein au Senegal et ailleurs pour des questions pareilles. Car, l’on ne sait pas ce que l’on fait perdre à la recherche en distillant dans un document digeste des paragraphes « empoisonnés » qui font qu’on le rejette finalement. Cependant, même si ce document contient des passages blessants, et il en contient d’après ce qui est ressorti des citations publiées ét de l’interview de l’auteure, le meilleur moyen d’éclairer le public, serait de pouvoir apporter une réfutation des thèses qui y sont développés, dans les mêmes formes pour que nul n’en ignore.

Il est temps que l’on apaise le débat et que l’on vise l’efficacité et les lumières à la place de la provocation et de l’obscurantisme, la rencontre au lieu de l’exclusion, la fécondation des idées et non le choc dogmes.
Ps : La vérité est comme le soleil on peut voiler sa lumière mais on ne peut jamais le cacher.
Sud quotidien

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